Mouvement

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Notes de cours

Qu'il soit ici question de rendus de mouvement dans une image fixe peut paraître paradoxal, mais s'il est un domaine où la photographie se distingue, c'est bien celui-ci.
Elle s'est d'abord distinguée historiquement, avec les premiers instantanés (vers 1880) qui nous ont permis de décomposer et d'étudier la mécanique des mouvements de l'homme et des animaux; ces connaissances, aujourd'hui banales, étaient jusqu'alors inexactes. Les études de Muybridge (1830 - 1904) sur le sujet sont célèbres (disponibles à la bibliothèque et sur le Web). Aujourd'hui encore, certaines images nous révèlent des parcelles de temps autrement insaisissables tellement elles sont brèves, mais il y a plus que la photographie est seule à pouvoir faire.
La photographie d'un sujet en mouvement offre plusieurs options qui toutes reposent sur la sélection de certaines vitesses d'obturation, non pas en fonction de la seule vitesse du sujet, mais surtout en fonction du mouvement de l'image que projettera ce sujet sur le film, au moment de la prise de vues. On comprendra qu'il est impossible de mesurer précisément ce mouvement de l'image et qu'il faudra donc recourir à des « fourchettes » de plusieurs combinaisons vitesse / ouverture de même valeur d'exposition.

L'instantané

wpe17.jpg (8830 octets)Toute l'action est figée dans le temps. C'est le rendu de mouvement le plus conventionnel.

Le temps d'exposition est tellement bref que l'image du sujet n'a pas le temps de se déplacer de façon perceptible durant l'exposition. Il s'agira, lors de l'ajustement du posemètre, de sélectionner d'abord la vitesse d'obturation la plus rapide possible (le résultat dépendra de la quantité de lumière disponible et de la sensibilité du film) et de régler ensuite le posemètre par les ouvertures de diaphragme.
L'ajustement du posemètre se fera de la même façon pour les autres rendus : on sélectionne d'abord la vitesse requise et on règle ensuite le posemètre par les ouvertures.
La seule difficulté de l'instantané en étant une de synchronisme, plusieurs essais sont nécessaires pour s'assurer du résultat.

La vitesse sélective

Michel Lalonde.gif (127208 octets)Dans cette image, les éléments en mouvement sont « bougés » et l'environnement est fixe.

L'appareil photo est stable (un trépied sera souvent nécessaire) et le temps d'exposition est suffisamment long pour permettre au sujet de se déplacer pendant que l'obturateur est ouvert.
Plus le sujet se déplace lentement, plus longs seront les temps d'exposition de la fourchette (essentielle et étendue!) sélectionnée.

Le « pan » photographique

Jonathan Laflamme1.jpg (75075 octets)Le sujet en mouvement est relativement net et l'environnement est « filé ».

Que le sujet ne soit pas parfaitement net est acceptable pour ce type de rendu puisque le véritable sujet d'une telle image est la vitesse, le mouvement lui-même.
Il s'agit ici aussi de déterminer une fourchette d'exposition en fonction de la vitesse du sujet, c'est-à-dire suffisamment longue pour permettre un balayage de l'arrière-plan pendant que l'obturateur est ouvert.

Contrairement à la vitesse sélective, un trépied n'est pas requis, peu importe la vitesse choisie.

Un personnage fantôme peut-être? L'exposition multiple

Josée fantôme.gif (48215 octets)Un autre rendu réalisable en tirant profit des temps d'exposition; le personnage ou un objet transparent. Duane Michals est connu pour ses séquences (disponible à la bibliothèque du collège) évoquant l'univers des rêves et des fantasmes et qui font appel à cette technique.
Il s'agit simplement d'enregistrer l'image en deux étapes. Un peu comme au tirage en labo, si le temps requis est de 8 sec., on peut exposer en une seule étape ou encore en deux tranches successives de 4 sec.; le résultat sera identique si rien n'a été déplacé. À la prise de vues, un trépied sera donc essentiel pour s'assurer que l'environnement ne présente pas une image dédoublée.
Certains appareils photo permettent d'armer l'obturateur sans faire avancer le film (non disponible au collège); avec ce type d'appareil on peut réussir ce rendu dans toutes les conditions d'éclairage. On règle d'abord le posemètre; si la combinaison vitesse / ouverture obtenue est de 1/250sec. à f/8, il s'agira de faire deux expositions successives de 1/500sec. à f/8. Durant la première étape on n'aura que l'environnement, on y ajoutera le personnage pour la deuxième.
Julie Veilleux copy.GIF (172779 octets)Si l'appareil ne dispose pas de cette possibilité, on choisira de travailler dans un éclairage faible (+ film de faible sensibilité) de façon à obtenir un temps d'exposition très long, 8sec. par exemple (l'obturateur sera réglé sur « B »). Après 4sec., sans relâcher le déclencheur souple qui maintient l'obturateur ouvert, on interrompt l'exposition en collant délicatement un carton sur le devant de l'objectif; on intègre le personnage au décor et on complète les 4sec. manquantes.

Le posemètre ne peut être réglé directement avec un temps de 8 sec. puisqu'il ne fonctionne pas en position « B ». Pour déterminer des temps aussi longs, il faudra avoir recours aux valeurs d'exposition; ainsi, un posemètre réglable à 1/2sec. à f/4 permettrait de faire la photo à 8sec. à f/16. Les valeurs d'exposition permettent aussi de déterminer les longues expositions souvent requises pour les vitesses sélectives.