Lumière artificielle

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Notes de cours

Théoriquement, l’éclairage artificiel n’est pas très compliqué si on a une connaissance suffisante de la lumière naturelle puisqu’il en est une reconstitution. Dans la pratique cependant, il requiert une bonne méthode de travail ainsi qu’une bonne dose de patience.

Dans cette page, on trouvera :

  1. Les principes sur lesquels repose la construction d’un éclairage.
  2. Une méthode de travail, incluant le calcul d’un ratio d’éclairage.
  3. Des précisions relatives à la photo d’œuvres d’art (production d’un portfolio).

 

A) Principes de base

1) Rendre la lumière du jour :

En fonction des caractéristiques plastiques propres à chacun de ceux-ci, on choisit de reproduire un des types de lumière naturelle, selon le sujet, le rendu que l’on souhaite en faire, l’ambiance recherchée, etc. Et puisque notre planète est éclairée par un seul soleil (à ce jour), on évitera à tout prix de générer des ombres dans deux directions différentes!

2) Simplifier : éviter l’empilage inutile des sources.

Habituellement, moins de sources = moins de problèmes! La plupart des sujets (portrait, nature morte, nu) peuvent être très bien éclairés par 2 ou 3 sources; souvent même, une seule source lumineuse et un panneau réflecteur conviendront.

3) Fonctions des sources : chacune a un rôle précis à jouer.

La source principale :

  • Elle est la plus puissante; c’est elle qui génère les ombres.
  • C’est la source « créative » : elle détermine le type d’éclairage, en donne le caractère.

La source d’ambiance :

  • Vocation plus technique : ouvrir (éclairer) les ombres et déterminer le contraste (ratio d’éclairage).

La source d’appoint :

  • Pour souligner un détail, « habiller » le fond ou en détacher le sujet.
  • Ne modifie pas le caractère général de l’éclairage.

En couleur, on portera attention à la température couleur des sources ainsi qu’à la couleur des panneaux réflecteurs qui réfléchissent une lumière teintée de leur propre couleur.

 

B) Construire un éclairage : une méthode de travail

1) Mise en place

S’assurer d’une distance suffisante entre le sujet et l’arrière-plan de sorte que l’ombre s’allonge au « sol » plutôt que de grimper directement derrière le sujet.

2) Cadrage

L’utilisation du trépied est pratiquement essentielle en studio, non seulement à cause des vitesses d’obturation, mais parce que l’éclairage est construit en fonction du point de vue de la caméra. À chaque déplacement d’une source, on doit retourner au viseur pour en apprécier le résultat. Une fois l’image cadrée, la caméra devrait demeurer fixe : elle est la référence.

3) Mise en place de la source principale

L’étape la plus importante, la plus longue aussi; elle détermine le caractère de l’éclairage. Il ne s’agit pas simplement de la brancher mais plutôt d’explorer ses possibilités plastiques, en concentrant son regard (via le viseur!) sur ce qu’elle fait au sujet : lignes, formes, reliefs, volumes, textures, ombres, etc. C’est essentiellement une recherche esthétique.

4) Mise en place de la source d’ambiance : établir le ratio d’éclairage.

Quand la source principale est en place, on doit déterminer jusqu’à quel point les ombres seront éclairées, ce qui déterminera le contraste de l’éclairage. Il s’agit d’établir et de mesurer, en terme de puissance, la différence qui existe entre les plages lumineuses et les zones ombragées du sujet. C’est ce qui se nomme le « ratio d’éclairage ».
Ci-dessous, deux contre-jours de ratios bien différents.

studio ratio1.GIF (33172 octets)studio ratio2.GIF (34195 octets)

Avec un posemètre à lumière incidente, on mesure individuellement les deux zones.
S’il y a 1 cran de différence entre les deux (par exemple, 1/60e à f/11 pour la plage lumineuse et 1/60e à f/8 pour l’ombre), on est en présence d’une source principale 2 fois plus puissante que la source d’ambiance (voir appareil photo : crans), c’est-à-dire, d’un ratio 1 : 2. Puisque chaque cran double le précédent, une différence de 2 crans indiquerait un ratio de 1: 4, soit une source principale 4 fois plus puissante que la source d’ambiance.
Les différents ratios sont évalués selon le tableau suivant :

ratio

1 : 2 = 1 cran
1 : 3 = 1 ½ crans
1 : 4 = 2 crans
1 : 6 = 2 ½ crans
1 : 8 = 3 crans
1 : 12 = 3 ½ crans
1 : 16 = 4 crans

contraste *

doux
doux
moyen
moyen
moyen
élevé
élevé

* Cette évaluation du contraste doit être nuancée en fonction du film utilisé. (voir « Le film »)

Prenons comme exemple une nature morte qu’on voudrait éclairer avec un ratio de 1 : 8.
Une fois la source principale en place, on en mesure la puissance. Si le posemètre indique 1/60e à f/22, il s’agira d’éclairer les ombres suffisamment pour que le posemètre y indique une mesure de 1/60e à f/8 (3 crans de différence). Pour y parvenir, on ajuste la distance d’un panneau réflecteur ou encore d’une deuxième source, directe ou indirecte.

 

 


5) Mise en place d’une source d’appoint, si requise.

 

C) Pour les étudiants en Arts : production d’un portfolio

(Attention à la « température couleur » de l’éclairage!)

En 3D :

Idéalement, on procède selon la méthode proposée ci-dessus, mais si on a plusieurs œuvres à photographier, le travail demandera beaucoup de temps. Une alternative est de travailler près d’une fenêtre en éclairage indirect. (voir « Lumière naturelle »)

En 2D :

Il s’agit essentiellement d’éclairer une surface de façon parfaitement uniforme et sans réflexions.

  1. Un éclairage ajusté au départ pour l’œuvre la plus grande conviendra ensuite pour toutes les autres.
  2. L’appareil photo doit être parallèle à l’œuvre pour éviter les distorsions.
  3. Pour obtenir un éclairage uniforme, on utilisera deux sources, une de chaque côté (pour les très grandes surfaces, 2 de chaque côté).
  4. Ces sources doivent se trouver à un angle de 45° par rapport à la surface de manière à éviter les réflexions vers l'appareil photo.
  5. On ajuste l’éclairage en s’assurant que les mesures du posemètre, prises aux quatre coins ainsi qu’au centre, soient parfaitement identiques.

Notes :

  • La fidélité de la reproduction des couleurs ne dépend pas uniquement de la rigueur de la prise de vues (uniformité de l’éclairage, température couleur, etc.) : le film doit être développé dans un laboratoire de confiance.
  • Si on souhaite avoir plusieurs reproductions d’une œuvre, il est plus économique et on s’assure d’une meilleure qualité en faisant les copies directement à la prise de vues.