Lumière naturelle

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Notes de cours

Plusieurs pensent que lorsqu'il est question de lumière naturelle, le photographe est à la merci de l'éclairage tel qu'il est, alors qu’en studio, il pourrait placer les sources lumineuses là où il le veut.
En lumière du jour, à défaut de pouvoir déplacer la source, le photographe pourra toujours se déplacer lui-même, changer de point de vue par rapport au sujet de sorte que la lumière l’atteigne différemment (en plus de révéler de nouvelles images!). Si la lumière directe semble trop dure pour un portrait, on trouvera de l’ombre; bref, il existe plusieurs alternatives.
À l’occasion aussi, il faudra faire preuve de patience et attendre que l'éclairage convienne mieux au sujet. Ansel Adams (1902 – 1984) pouvait attendre des jours la lumière souhaitée : il a été beaucoup plus patient que chanceux. La lumière étant la matière première de l'image photographique, on ne peut se contenter que d'en mesurer la quantité.

Suivent, les principaux types d'éclairages et les caractéristiques plastiques qui s'y rattachent.

A) Lumière directe

Ce qui détermine les qualités de cet éclairage puissant et contrasté, c'est sa direction relativement au sujet.

1) Éclairage de face

Avec des caractéristiques comparables à celles d'un flash électronique monté sur l’appareil photo, il est esthétiquement aussi pauvre! Il produit des ombres, mais du point de vue de la caméra, le sujet cache son ombre. Sans ombres ni dégradés, pas de reliefs ni de volumes : c’est un éclairage qui aplatit le sujet.

À éviter si possible; si ce ne l’est pas (il arrive qu'on ne puisse changer de point de vue), envisager l’abstention!
On comprendra l’absence de telles images sur ce site. :-)

2) Éclairage de côté (ou 45°)

direct côté.GIF (140338 octets)

3) Éclairage à contre-jour

contre-jour.gif (92193 octets)

Une lumière vive et contrastée, qui produit des ombres marquées, mais dans des proportions (ombre / lumière) qui ne présentent pas de difficultés techniques particulières au niveau de l’exposition (réglage du posemètre) ou du tirage, contrairement à certaines situations à contre-jour.

Cet éclairage rend bien les reliefs et les volumes; c’est l’alternance des ombres et des plages lumineuses qui révèle ici les formes du rocher, ainsi que ses textures.
Plus difficile techniquement que l’éclairage de côté, mais le meilleur pour donner de la profondeur à une image; des avant-plans dans l’ombre et des plages lumineuses qui attirent le regard au fond de l’image.
C’est aussi l’éclairage indiqué pour détacher des plans qui pourraient se confondre. Par exemple, quand on travaille « ton sur ton » : un sujet foncé sur fond noir, un rocher devant une falaise de pierre, etc.

Il n’est pas nécessaire que la source lumineuse se trouve directement derrière le sujet pour tirer profit des qualités de cet éclairage. La lumière peut tout aussi bien provenir de ¾ arrière de sorte que dans le cadre, l’ombre ira de côté plutôt que de s’avancer directement vers la caméra.

4) Éclairage rasant

rasant.gif (135438 octets)Lumière qui effleure une surface de sorte que chaque aspérité projette une ombre. C’est l’éclairage essentiel pour révéler une texture (ci-contre, une feuille de chou en macro-photographie).
En lumière naturelle, on trouve cet éclairage habituellement en début ou fin de journée pour les plans horizontaux, ou encore quand le soleil est à son zénith pour les surfaces verticales... Mais un fin observateur aura sûrement noté que tout n'est pas d'équerre dans la nature!

Un autre aspect remarquable de cette lumière : l’exagération des ombres qu’elle génère et les effets graphiques qu’on peut en tirer. Qui n'a pas remarqué, tôt le matin (à la tombée du jour pour les autres), l'ombre de la borne fontaine qui se rend de l'autre côté de la rue?

B) Lumière indirecte

lum. indirecte.jpg (27420 octets)La lumière peut être indirecte de deux façons : parce qu’elle est réfléchie, quand on se trouve à l’ombre par temps ensoleillé, ou encore parce qu’elle est diffusée par temps nuageux.

Une lumière plus douce qui convient mieux à certains sujets, le portrait entre autres. Ou encore, quand on veut s’assurer qu’aucune partie de l’image ne puisse être masquée par une ombre trop profonde. C’est une lumière qui offre une riche palette de tons (et ceci est particulièrement vrai en couleurs) difficile à obtenir dans une lumière aussi « tranchante » que le soleil direct.

Ci-contre : en lumière réfléchie.

Techniquement, cette lumière cache peu de pièges. Cependant, en lumière réfléchie, puisqu’on se trouve à l’ombre par temps ensoleillé, on évitera d’inclure dans notre cadre des plages lumineuses en plus de la zone ombragée. Peu de films peuvent concilier de tels écarts de luminosité (voir tolérance du film).

diffus.gif (171146 octets)Quant aux photos prises par temps nuageux, l’ajustement de la densité et du contraste, au tirage, exige parfois une approche toute en nuances. Il faut y mettre le temps pour bien rendre la lumière d’une scène brumeuse ou pluvieuse.

Surtout, ne pas hésiter à faire des photos dans de telles conditions. Durant longtemps, la faible sensibilité des émulsions, notamment pour les films couleur, avait convaincu la majorité que la photographie ne pouvait être pratiquée que par temps ensoleillé. Ce n'est plus vrai aujourd'hui.


Une des plus belles lumières réfléchies : « la lumière du nord ». Des photos prises à l’intérieur en utilisant la lumière du jour qui y entre (fenêtre, porte).

Comment s’y prendre :

lum.du nord.gif (42380 octets)Généralement, on préfère que ce soit une lumière indirecte qui entre, d’où son nom de « lumière du nord ». Une lumière directe créerait une situation souvent trop contrastée.

  1. On place le sujet relativement près de la source lumineuse (fenêtre) et l’exposition (posemètre) est ajustée en fonction du sujet lui-même, non pas de l’ensemble du plan. Ainsi, si on se trouve dans un endroit le moindrement spacieux, on obtiendra à la fois une lumière douce sur le sujet et un bon contraste d’ensemble puisque l’intensité de la lumière faiblit rapidement à mesure qu’on s’éloigne de la source. C’est ce qui rend cette lumière si riche.
  2. Si la fenêtre est intégrée dans le cadre, on choisira un angle semblable à ce qui est présenté ici, de façon à ne pas trop voir l’extérieur; l’écart des luminosités serait trop grand.
  3. Si on se trouve dans un vaste espace ou encore dans une pièce dont les murs sont sombres, un réflecteur (carton, panneau) hors champ pourrait être utile pour adoucir le côté ombragé du sujet, faisant ainsi le travail du mur opposé à la fenêtre dans la photo ci-contre.

Dommage qu’en plein jour, plusieurs aient le réflexe de recourir au flash dès qu’ils se trouvent à l’intérieur!