Le cinéma hongkongais
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Un peu d'histoire

Comme la grande majorité des pays du monde, le premier contact du cinéma à Hong Kong se fait grâce aux opérateurs Lumière qui présentent le cinématographe en Chine dès 1896.  Le premier film chinois, Ding Jung Shan, réalisé par Liu Jing Lun et Ren Jing Feng, date de 1905 et met en vedette la star de l'opéra de Pékin à cette époque : Lord Tan Xinpei (voir à ce sujet l'excellent film Shadow Magic (Hu, 2000)).  Le cinéma muet chinois puise ses acteurs dans le répertoire de l'opéra de Pékin principalement mais ce sont des hommes qui interprètent tous les rôles (incluant les rôles féminins) et puisque le cinéma est perçu comme une forme inférieure d'art, les femmes prendront la relève et occuperont toujours un rôle dominant dans le cinéma chinois.  Ils interpréteront même souvent des rôles masculins.  Mentionnons simplement Cheng Pei-pei qui domine le cinéma des années '60 et tient la vedette du film Come Drink with Me (Hu, 1966), un classique du cinéma hongkongais.  Elle tient aussi le rôle de Jade Fox, la vilaine de Crouching Tiger, Hidden Dragon (Lee, 2000).  L'histoire du cinéma de Hong Kong a toujours été fortement influencée par la situation géo-politique du pays.  Une première vague importante de réalisateurs et de films va naître à Hong Kong dans les années '30 puisque le cinéma devient sonore.  La Chine décrète que tous les films seront tournés en Mandarin ce qui occasionne un exode massif du talent cantonais vers Hong Kong où les restrictions sont moindres et où il se tourne beaucoup plus de films.  L'occupation japonaise du pays en 1941 mettra fin à la production.  Après la deuxième guerre mondiale, le cinéma de Hong Kong adoptera rapidement le modèle américain de production mais contrairement aux États-Unis, deux langues nationales feront compétition en sol chinois : le mandarin (langue des immigrants Chinois) et le cantonais (langue officielle des Hongkongais).  Bruce LeeDurant cette période, les frères Shaw produisent une série de films très populaires puisant dans les contes chinois traditionnels pour réaliser des films de capes et d'épées (wu xia), le genre dominant à Hong Kong jusqu'au début des années '70.  En 1972, le film Fist of Fury (Wei Lo) place Lee Yeun Kam, alias Bruce Lee, à la tête d'un genre qui dominera le cinéma hongkongais pour les décennies à venir : le film d'arts martiaux.  Malheureusement, le James Dean de son peuple, Bruce Lee, meurt d'un oedème au cerveau, à l'âge de 32 ans, en 1973 après avoir terminé le tournage de Enter the Dragon (Clouse, 1973), sans doute un classique du genre.  Bruce Lee a tourné peu de films mais son impact se fait sentir encore aujourd'hui et sa philosophie, le tao du Jeet Kune Do par exemple, a beaucoup influencé le cinéma asiatique et les arts martiaux modernes.  La vie de Lee a fait l'objet d'une très belle biographie filmique intutilée Dragon : The Bruce Lee Story (Cohen, 1993).  Comme le hasard fait bien les choses, Jackie Chan, alors un acteur inconnu, est un figurant dans le dernier film de Bruce Lee.

Visitez le site web des studios Shaw Brothers.

The Heroic TrioAu début des années 80, un bruit étrange se fait entendre à la grandeur de Hong Kong.  Comme un compte à rebours, tic-toc...tic-toc...tic-toc...une époque touche à sa fin inévitable qui viendra à minuit le soir du lundi 1er juillet 1997, moment où Hong Kong cesse d'être sous le régime britannique (traité de Nankin qui met fin à la première guerre de l'opium) et devient à nouveau une partie intégrante de la Chine communiste.  L'approche lente mais certaine de cette transition sociale crée un sentiment d'empressement auprès de la communauté artistique de Hong Kong et donne naissance à la nouvelle vague du cinéma hongkongais qui se situe précisément de 1980 à 1997 et c'est de cette époque dont il sera question ici.  Outre l'approche lente mais certaine de la rétrocession, plusieurs autres événements historiques viendront inflencer la nouvelle-vague de Hong Kong.  Le 4 juin 1989 est un moment inoubliable dans l'histoire de la démocratie et des libertés civiles alors que plusieurs Le massacre de Tiananmencentaines de démonstrateurs, la plupart des étudiants, sont massacrés à la place Tiananmen, à Beijing.  Cet événement rappelle encore aujourd'hui l'image d'un seul jeune démonstrateur se tenant debout devant un convoi de chars d'assaut, un individu risquant sa vie pour défendre ses valeurs contre celles de son gouvernement.  La violence du cinéma hongkongais augmentera dramatiquement à partir de 1989 (The Killer de John Woo prendra l'affiche cette année là et A Bullet in the Head, aussi de Woo, l'année suivante.)   

Une organisation commerciale

L'industrie cinématographique de Hong Kong est la troisième plus grande en terme de production mondiale de films, l'Inde et les États-Unis étant à la tête de cette liste.   Les trois industries nationales ont aussi une infrastructure commune.  D'une part, la majorité des films produits ont une visée commerciale, un état de fait qui ne réduit en rien l'aspect artistique des oeuvres, mais il n'en demeure pas moins que le but principal est de divertir la masse.  Ceci entraîne un cinéma de genres, Chow Yun-Fatc'est à dire des films qui appartiennent à des écoles spécifiques, qui chacune propose des paradigmes propres à ce genre.  A Hong Kong, les genres dominant sont le film de kung-fu, le film de capes et d'épées ou wu xia pian (que je nomme ainsi pour le différencier du film de capes et d'épées français) et le film de triade.  Vous retrouverez une description de chacun de ces genres un peu plus loin.  Le cinéma de Hong Kong profite aussi d'un star-system très similaire à celui des États-Unis, mais alors que l'Américain moyen ne connaît que les vedettes de son cinéma, le Hongkongais moyen connaît à la fois les vedettes du cinéma d'Hollywood dont les films sont, comme partout ailleurs, très appréciés, ainsi que les vedettes de Brigitte Lin dans Swordsman 2son pays.  On compte parmis eux Jackie Chan et Jet Li, les deux Bruce Lee modernes; Michelle Khan (aujourd'hui Michelle Yeoh), Brigitte Lin, Amy Yip, Anita Mui et Maggie Cheung, les femmes fatales de ce cinéma; Leslie Cheung, Stephen Chow, Andy Lau, Danny Lee et Chow Yun-Fat, les leading men de l'Asie.  Une particularité du star system asiatique est la tendance des vedettes du cinéma à aussi produire de la musique populaire et de chanter sur les trames musicales de leurs films.  C'est pourquoi Jackie Chan, Leslie Cheung et même Chow Yun-Fat ont tous à leur actif des albums de musique pop.  Andy Lau et Sally Yeh sont avant tout vedettes du canto-pop.  Imaginez seulement Harrison Ford ou encore Brad Pitt comme chanteurs pop !  Vous souvenez-vous de Sylvester Stallone qui chante aux côtés de Dolly Parton dans Rhinestone (Clark, 1984)?  Ah!

Le kung-fu

Les origines historiques du kung-fu se trouvent en 1765 lorsque le monastère Shaolin est déclaré illégal par l'empereur de la dynastie Mandchou et brûlé.  Seulement trois moines ont survécu au massacre et l'un d'entre-eux, Zhi Shan, enseignera les techniques du Shaolin aux acteurs de l'opéra de Pékin.  L'art martial se mariera ainsi à la danse et à la chorégraphie.  Le cinéma naîtra ensuite et les acteurs de l'opéra deviendront ceux du cinéma.  Le kung-fu est le genre dominant du cinéma chinois dès le début et connaîtra son apogée avec Bruce Lee.   Suite à son décès, le cinéma de kung-fu sombre dans un abysse de médiocrité.  Le genre devient rapidement synonyme de série B surtout en Amérique où le doublage est de très pauvre qualité, parfois même complètement désynchronisé.  Heureusement, une nouvelle génération d'acteurs / cascadeurs permettront au cours de la nouvelle-vague hongkongaise une renaissance du film de kung-fu.  La philosophie martiale est au centre de la culture asiatique et l'influence du kung-fu ne se limite pas uniquement aux films de ce genre.  Les films de capes et d'épées, les films de triade et bien d'autres films présentent des séquences de kung-fu mais ce sont les films de genre qui en prennent le plus pleinement avantage.  La Hong Kong Peking Opera School, une institution vénérable mais extrêmement stricte pratique l'éducation classique des jeunes enfants Twin DragonsHongkongais incluant bien sûr les arts martiaux.  Parmi les gradués de cette institution, Jackie Chan, Sammo Hung et cinq autres enfants, surnommés les Seven Little Fortunes (sept petites fortunes), prendront d'assaut le monde cinématographique dès la fin des années '70.  Le film biographique Painted Faces (Law, 1988) raconte l'histoire de cette enfance difficile.  Le plus connu de sa génération est sans aucun doute Jackie Chan, comédien extraordinaire dont la filmographie déborde d'humour, d'action et des cascades les plus folles jamais capturées sur pellicule.  Sa réputation est bien connue : il met en scène toutes ses propres cascades et a plusieurs fois frôlé la mort.  Pourtant, l'aspect le plus remarquableJackie Chan de son oeuvre est l'humour qui s'inspire de l'époque du burlesque américain, en particulier l'oeuvre de Buster Keaton, pour donner à ses films une touche de légèreté unique dans le genre.  Parmis ses meilleurs films on compte : Project A Part II (Chan, 1987), Rumble in the Bronx (Tong, 1995) et la série Police Story (Chan, 1985, 1988, Tong, 1992, Tong, 1996).  Dans le premier film mentionné, Chan reprend une fameuse cascade de Buster Keaton du film Steamboat Bill Jr. (Riesner, 1928).  La cascade consiste en un immeuble qui s'écrase sur le héros chanceux d'être placé au seul endroit sécuritaire : là où l'ouverture de la fenêtre se trouve à tomber !  Aussi, Chan reprend la fameuse scène où Harold Lloyd est pendu à une immense horloge (Safety Last (Newmeyer, Taylor, 1923)) dans Project A (Chan, 1983).  Plusieurs des films de Jackie Chan traitent directement de la réunification de Hong Kong ou des conséquences de cette dernière.  C'est le cas dans Police Story III : Supercop où Chan interprète un détective hongkongais qui doit s'allier à une policière de la Chine communiste, celle-ci interprétée par Michelle Yeoh.  C'est l'union qui fait la force dans SupercopRush Hour (Ratner, 1998) est un autre film de Jackie Chan (une production américaine) dont l'intrigue est en relation avec la rétrocession.  Le vilain est ici un homme d'affaire Britanique qui n'accepte pas la situation nouvelle du pays.

Visitez le site officiel de Jackie Chan.

Sammo Hung, remarquable pour ses prouesses malgré son poids, devient aussi un acteur et réalisateur prolifique au cours de la nouvelle-vague hongkongaise.  Comme Jackie Chan, il est figurant dans Enter the Dragon.   Il travaille par la suite beaucoup avec Chan et les autres petites fortunes dans Project A (Chan, 1983) et Dragons Forever (1987) qu'il réalise lui-même.  En 1997, Sammo Hung a réalisé le plus récent chapitre de la série Once Upon a Time in China (intitulé IV ou in America) mettant en vedette Jet Li.  Le deuxième film américain de Jackie Chan, Shanghai Noon (Dey, 2000) emprunte librement plusieurs éléments narratifs à ce film.  Sammo Hung interprèta aussi Sammo Law, un personnage principal de la série américaine télévisuelle Martial Law (1998-2000) aux côtés d'Arsenio Hall.

Visitez le site officiel de Sammo Hung.

Dès sa petite enfance, Jet Li (Li Lian Jie) devient un adepte du wushu à l'école primaire Changqiao de Pékin.   Le wushu est un art martial (le plus populaire de la Chine) dont la caractéristique première est l'adaptation et la survie.  Initialement une forme d'entraînement militaire, le wushu est aujourd'hui un sport de démonstration et de spectacle où la chorégraphie et la danse martiale prennent le dessus sur la violence.  Dans le wushu cinématographique, c'est le divertissement qui compte.  Très rapidement, Jet Li remporte de nombreuses compétitions internationales et en 1979, il interprète son premier rôle au cinéma dans The Shaolin Temple (Zhang).  Contrairement à ses contemporains, Li excelle dans deux genres dominants du cinéma asiatique : le film de capes et d'épées ainsi que le film de kung-fu.  Parmi les plus extraordinaires films de kung-fu de Jet Li on compte The Bodyguard from Beijing (The Defender) (Yuen,1994) une reprise du film américain The Bodyguard (Jackson, 1992), The Legend (Yuen, 1993) qui présente un éventail incroyable de combats et Fist of Legend (Chan, Yuen, 1994) un hommage au classique Fist of Fury (Lo, 1972) de Bruce Lee.  Les films de Jet Li se différencient des autres par leur sérieux et les sujets traités dont l'occupation japonaise durant la deuxième guerre mondiale et évidemment la rétrocession.  The Bodyguard from Beijing présente toute la dualité du pays dans la relation qui se tisse entre le personnage de Li, un garde du corps de l'armée rouge et sa cliente, une Hongkongaise célèbre.  Dans Fist of Legend, la relation amoureuse interdite qui se tisse entre le jeune Chinois Chen Zen (Jet Li) et la Japonaise Mitsuko Yamada (Shinobu Nakayama) est à la fois une métaphore de l'occupation japonaise et de la rétrocession, la nouvelle génération étant l'espoir d'une plus grande ouverture sur le monde.

Chen Zen et Mitsuko The Legend : Fong Sai-Yuk Le dernier plan de The Bodyguard From Beijing...

Visitez le site web officiel de Jet Li.

Le wu xia pian

Wu signifie «l'art martial» et xia signifie «la chevalerie».  Le genre cinématographique le plus populaire des pays asiatiques a toujours été le film de wu xia, le film de capes et d'épées.  Au Japon, il s'agit des films de Samouraï d'Akira Kurosawa ou encore ceux de Hiroshi Inagaki.  A Hong Kong, le genre existe depuis les premiers films produits au pays mais un nouveau souffle de créativité viendra réinventer le genre au milieu des années '80 grâce à un seul homme : Tsui Hark.  Né au Vietnam, Tsui Hark étudie la mise en scène au Texas avant de revenir à Hong Kong pour réaliser le premier film chinois à effets spéciaux : Zu : Warriors of the Magic Mountain (1983) et un film qui établit clairement la relation qui existe entre l'opéra de Pékin et le kung-fu : Peking Opera Blues (1986).  En 1987, Hark produit le film A Chinese Ghost Story, réalisé par Siu-Tung Chin et d'un seul coup change la face du cinéma national hongkongais.  Un mélange de conte traditionnel, de kung-fu et de fantastique, A Chinese Ghost Story est un succès international et donne naissance à un sous genre du film de capes et d'épées : le wire-fu, appelé ainsi puisque les scènes de combat sont tournées à l'aide de cables invisibles qui supportent les acteurs et leur permettent des acrobaties autrement impossibles.  En plus de produire les suites de ce film, Tsui Hark produit, scénarise et réalise un éventail impressionnant d'oeuvres clefs des dix dernières années du Hong Kong britannique.  Le film de triade (voir plus bas) renaît aussi grâce à Hark et son association avec John Woo.  En 1991, Tsui Hark produit et réalise Once Upon a Time in China,  le premier film d'une série très populaire qui met en vedette Jet Li dans le rôle du personnage historique Wong Fei-hung.  Wong Fei-hung, interprété pour la première fois par l'acteur Kwan Tak-Hing, est devenu le héros le plus populaire du cinéma chinois après la deuxième guerre mondiale et plus de cent films le mettant en vedette ont été produits.  Jackie Chan et Jet Li ne sont que les deux plus récents acteurs à jouer le rôle et la carrière de ce dernier prend son envolée avec cette série et c'est un genre auquel Li reviendra continuellement lorsqu'il ne joue pas dans un film de kung-fu classique.  Il n'y a pas de film ou d'individu important dans l'industrie filmique de Hong Kong qui ne doit rien à Tsui Hark. 

A Chinese Ghost Story Michelle Yeoh et Jet Li dans Twin Warriors Jet Li dans Swordsman 2

Parmi tous les films asiatiques, ce sont les films de capes et d'épées qui démontrent le mieux l'importance des philosophies bouddhiques et taoïstes.  Le bouddhisme est la philosophie asiatique la plus répandue dans le monde et celle-ci prend de nombreuses formes différentes en s'adaptant aux pays et aux cultures dans lesquels elle s'inscrit.   Les japonais par exemple privilégient le zen, une forme méditative et très minimaliste du bouddhisme.  Il est impossible dans le cadre de cette page de prétendre à une étude adéquate du sujet mais mentionnons tout de même le principe central du bouddhisme : la voie du bonheur est constituée par la sagesse, par la réalisation d'actions morales et par la discipline mentale qui permet d'accéder à l'éveil.  A ce dicton élémentaire, ajoutons l'élément Yin / Yangtaoïste du yin et du yang qui exprime l'idée de l'équilibre universel et qui a imprégné les arts martiaux en Chine, la poésie, la calligraphie et la peinture, les rites et la cuisine, la médecine, les pratiques de santé (le Tai Chi en particulier) et de longévité, le jardinage, etc.  Les films de capes et d'épées sont peuplés par de nombreux représentants de ces philosophies : des moines bouddhistes et taoïstes, des esprits et des fantômes et le Bouddha lui-même joue parfois un rôle important.  Twin Warriors (The Tai Chi Master) (Yuen, 1993) raconte l'histoire de deux moines du temple Shaolin, Junbao (Jet Li) et Chin Bo (Siu-hou Chin) qui deviennent éventuellement ennemis.  Junbao et Chin Bo sont ici les représentants du yin et du yang dans un film où Jet Li utilise le Tai Chi pour remporter la victoire aux côtés de Michelle Yeoh.  Parmi le très grand nombre d'excellents films de capes et d'épées hongkongais, The Bride with White Hair I et II (Ronny Yu, David Wu, 1993) est le point culminant du genre et malgré qu'ils ne sont pas produits ou réalisés par Tsui Hark, les deux films tirent leur inspiration très évidemment de la série A Chinese Ghost Story et du style wire-fu de Tsui Hark.

The Bride with White Hair

The Bride with White Hair est d'abord et avant tout une histoire d'amour tragique.  Leslie Cheung, une des plus grandes vedettes de Hong Kong, interprète Cho Yi Hang, un jeune homme rebel, élevé par son maître pour le succéder comme chef des huit clans.  Les huit clans ont un ennemi mortel : un groupe de guerriers occultes menés par des jumeaux siamois et une jeune femme-louve, Lien (Brigitte Lin Ching Hsia).  Malgré les alliances qui les opposent, Cho et Lien tomberont en amour et Cho promet à Lien de ne jamais douter de son intégrité.  Malheureusement, le massacre des amis de Cho par les siamois déguisés éprouve la foi de celui-ci envers Lien, une insulte qu'elle n'accepte pas.  Elle abandonne Cho à sa misère.

The Bride With White Hair The Bride With White Hair The Bride With White Hair

The Bride with White Hair est une adaptation d'un roman chinois des années '50, un récit classique, issu de la tradition des contes d'arts martiaux.   La facture du film, par contre, est indéniablement moderne.  Précédemment à la réalisation de ce film, Ronny Yu réalisait des films d'action modernes, des films de triade.  Ces films, malgré un certain succès, ne s'élevaient pas au-dessus de la panoplie des productions du genre réalisées à Hong Kong entre 1985 et 1997, particulièrement lorsque l'on compare ces oeuvres aux films de John Woo.  En réalisant The Bride with White Hair, Yu expérimenta avec un nouveau récit tout en conservant l'énergie et le rythme des films modernes.  Le résultat est un film original qui traite d'une histoire et d'un contexte connu, mais en le présentant sous un angle nouveau.

The Bride with White Hair évolue dans l'hyper-réalité, c'est-à-dire que la crédibilité des personnages, environnements et situations sont tendus au point le plus fragile, sans pour autant tomber dans la fausseté.  Les scènes de combat présentent des personnages qui semblent échapper aux lois de la gravité et maîtriser une multitude d'armes et de techniques complexes.  Tout l'univers du film effleure l'artificialité avec une lumière parfaitement bleue ou rouge et le mariage du cinéma avec ces décors presque théâtraux rend un effet à la fois mystique et mythique à l'histoire.  Et comment ne pas mentionner le son, traditionnellement exagéré dans la cinématographie asiatique ? Ici, il se fond parfaitement dans l'esthétique hyper-sensorielle du film.  Ronny Yu a tenu un pari important dans la réalisation de The Bride with White Hair, mais la dose de réalité et de fantaisie est juste et le visionnement du film est une expérience que l'on oublie pas de si tôt!

The Bride With White Hair The Bride With White Hair The Bride With White Hair 2

Inévitablement, la suite de ce succès commercial fut réalisée, cette fois par David Wu, monteur de plusieurs des films de John Woo.  The Bride with White Hair 2 poursuit et termine l'histoire tragique de Cho et Lien.  Les deux films sont d'un synchronisme visuel et d'une continuité thématique tel que le visionnement des deux épisodes ressemble plutôt à un seul film de trois heures et non à deux films distincts.  Lien, maintenant une sorcière à la tête d'un clan de femmes dont le but principal est de tuer tous les hommes, refuse au dernier descendant vivant de Cho, Kit, le bonheur.  Elle lui enlève sa femme le soir de ses noces.  Kit, accompagné d'un représentant de chacun des huit clans, entreprend de tuer Lien et de sauver sa fiancée du clan des femmes.  Le conflit mènera à la réunion de Cho et Lien et à la conclusion ultime d'une histoire d'amour extraordinaire.  Le deuxième film respecte très fidèlement le traitement visuel du premier et présente un groupe de nouveaux personnages très attachants.   Parmi ceux-ci, mentionnons Christy Chung, jeune montréalaise qui a connu ses débuts dans le film Love and Human Remains (1993) de Denys Arcand mais qui est surtout une vedette à Hong Kong.  Outre le rôle de Moon dans The Bride with White Hair 2, elle partage la vedette avec Jet Li dans The Bodyguard from Beijing et poursuit sa carrière qui compte déjà plus de 20 films.

  Christy Chung 

Le film de triade

John Woo : le maîtreLe mot triade fait référence à la mafia asiatique.  Ce genre de film fut extrêmement populaire au cours de la nouvelle-vague de Hong Kong dû principalement à un seul réalisateur : John Woo (Wu Yu Sheng), maître incontesté du genre.  Woo débute sa carrière cinématographique avec des comédies plutôt burlesques, quelques films de kung-fu dont Shao Lin men en 1975, mettant en vedette deux jeunes inconnus du nom de Jackie Chan et Sammo Hung, et des films de capes et d'épées dont Hao Xia (1978).  Évidemment influencé par le film de Cheh Chang, One-Armed Swordsman (1967), une production du studio Shaw Brothers qui s'inspire du film américain Bonnie and Clyde (Penn, 1967), Woo utilisera les mêmes techniques, le ralenti par exemple, et les mêmes thèmes dès ses premiers films.  The Young Dragons (1975) est un véritable hommage aux films de Cheh Chang.  En 1986, Woo s'associe au producteur Tsui Hark et réalise A Better Tomorrow, titre révélateur des angoisses de Hong Kong à cette époque.  Ce film est le premier d'une série de films de triade à partir desquels Woo développera un style cinématographique qui lui est unique.  Woo utilise une technique qui rappelle la nouvelle-vague française des années '60 pour mettre en scène les moments les plus violents : A Better Tomorrowarrêts sur l'image, ralentis, multiplication des points de vue, répétitions, fausses coupes et une musique en contrepoint font de ces films des tableaux de la violence qui fascinent et répugnent à la fois.  Woo s'inspire beaucoup du réalisateur Martin Scorsese et, comme ce dernier, entretient une longue relation cinématographique avec son acteur préféré : Chow Yun-Fat.  Les films de Woo réalisés à Hong Kong à partir de 1986 sont tous des oeuvres extraordinaires où les sentiments d'empressement et de pessimisme face au futur sont très présents.  Ils incluent A Better Tomorrow II (1987), Once a Thief (1990) une comédie burlesque qui rend hommage à Jules et Jim (1961) de François Truffaut et à Viva Maria! (1965) de Louis Malle, et Hard Boiled (1992), son dernier film réalisé à Hong Kong.  Parmi tous les films de Woo, A Bullet in the Head (1990) demeure l'oeuvre la plus contreversée.  D'une violence excessive (même pour Woo!), le film est une aventure dramatique dans laquelle le réalisateur met en scène le chaos de la guerre du Vietnam en parallèle avec la révolution politique à Hong Kong pendant les années '60.  Une scène reprend même visuellement l'affrontement de la place Tiananmen qui avait eu lieu pendant la production du film.  Difficile à visionner, cette oeuvre très personnelle de John Woo propose néanmoins une leçon importante concernant l'amitié, la loyauté et l'avarice.  Il s'agit là de thèmes récurrents dans sa filmographie.

Once A Thief  Hard Boiled

The Killer

The Killer, réalisé par John Woo en 1989 (l'année du massacre de la place Tiananmen) représente à la fois l'apothéose du genre et le chef-d'oeuvre personnel de son réalisateur.  The Killer raconte l'histoire de John (Chow Yun-Fat), un tueur à gages qui va accidentellement aveugler une chanteuse, Jenny (Sally Yeh), dans un club lors d'une descente.  John, qui ne veut rien de plus que de prendre sa The Killerretraite de ce milieu, acceptera un dernier contrat qui lui permettra de payer pour de nouvelles cornées pour Jenny dont il est maintenant épris.  Sidney Feng (Chu Kong) est un ancien tueur et l'ami de John qui sera obligé de trahir cette amitié ou d'en subir les conséquences.  Un jeune policier agressif, l'inspecteur Li (Danny Lee), poursuit John malgré les plaintes et poursuites judiciaires qui pèsent contre lui concernant son attitude et sa façon de travailler.  Les relations qui se tisseront entre ces personnages est le sujet véritable du film.  Eventuellement, John et l'inspecteur Li comprendront qu'ils ont plus en commun que chacun d'eux étaient prêts à accepter et ils devront faire alliance contre la mafia chinoise pour sauver la vie de Jenny mais comme tout bon film de Woo, la fin est tragique et juste.

The KillerThe Killer illustre à merveille le style de son réalisateur avec des scènes qui ressemblent plutôt à du ballet que de la violence.  L'utilisation de nombreuses techniques cinématographiques et d'un montage éclaté permettent à Woo de diriger son orchestre dans ce film qui rend hommage à Jean Pierre Melville et son film Le Samouraï (1967).  The Killer est une oeuvre achevée qui permet à la fois à l'intellectuel de se perdre dans une analyse détaillée des personnages fatalistes de Woo, du symbolisme et même de l'homosexualité latente; mais aussi, le film est divertissant.  Cette combinaison est très rare dans un monde cinématographique qui ne permet pas de faire la fusion du commercial et de l'art.  The Killer appartient pleinement aux deux mondes.  Le film est ponctué de scènes où les personnages discutent le long d'un quai, la mer étant la métaphore de la fuite et de la promesse d'une vie meilleure aux États-Unis.  Le parallèle que Woo tisse entre ces deux personnages principaux, l'un policier, l'autre tueur, est le thème central récurant de sa carrière : dans Hard Boiled, un policier joue le rôle d'un tueur et perd lentement de vue son identité réelle, Face/Off (1997) présente un échange complet de l'identité du tueur et du policier qui le traque et Mission Impossible 2 (2000) rend aussi explicite la relation entre le héros et son image miroir.

Autres genres

Les trois genres dominants de la nouvelle-vague hongkongaise ne sont pas exclusifs et quelques réalisateurs produisent des films de genres moins populaires, mais qui s'inscrivent tout autant dans cette époque extraordinaire.  Wong Kar-wai est l'un de ces réalisateurs, qui depuis son premier long métrage As Tears Go By (1986), explore la condition humaine dans des oeuvres plus réalistes et dramatiques que ses contemporains.  Chungking Express (1994) est un hommage au style de Jean-Luc Godard et s'inscrit tout à fait dans la nouvelle-vague de Hong Kong en explorant les relations souvent douloureuses qui naissent dans ce petit restaurant express.  La rétrocession n'est jamais bien loin du cinéma hongkongais et le personnage interprété par la chanteuse canto-pop Faye Wong en est un exemple frappant.  Cette dernière écoute sans cesse la chanson "California Dreaming" et rêve de quitter Hong Kong pour une vie meilleure aux États-Unis.  Wong Kar-wai poursuit sa réflexion dans Fallen Angels (1995), Happy Together (1997), Ashes of Time, son majestueux film de wu xia et In the Mood for Love (2000).  Le cinéma d'auteur est en pleine santé à Hong Kong !

Crouching Tiger Hidden Dragon (Lee, 2000)

Bien que Taiwanais d'origine, il serait malheureux de ne pas faire mention de Ang Lee.  Suites à des études cinématographiques à New-York, Ang Lee scénarise et réalise le célèbre Wedding Banquet (1993), un portrait moderne du couple gai asiatique, le même thème exploré par Wong Kar-wai dans Happy Together.  Ang Lee récidive avec Eat Drink Man Woman (1994), un portrait de famille touchant.  Son plus récent film le rapproche beaucoup plus de la nouvelle-vague hongkongaise puisqu'il s'agit d'un film d'époque et d'épées auquel s'inscrit le wire-fu de Woo-ping Yuen.  Mettant en vedette Chow Yun-Fat, Michelle Yeoh, Chang Chen et Zhang Ziyi, il s'agit de Crouching Tiger Hidden Dragon.  Ce film est d'une importance toute particulière en ce qui a trait à l'intégration du cinéma asiatique auprès du public américain.  Le 25 mars 2001, lors de la cérémonie annuelle des Oscars, Crouching Tiger Hidden Dragon remporta non moins de 4 statuettes : meilleur film étranger, cinématographie, direction artistique et musique, une preuve irréfutable de l'ouverture graduelle de Hollywood aux cinémas étrangers ainsi que l'influence certaine du cinéma hongkongais sur l'industrie dominante du cinéma mondial. 

Chow Yun-Fat  Michelle Yeoh  Zhang Ziyi  Chang Chen
Visitez le site officiel : http://www.crouchingtiger.com/

HKYeoh2.gif (18870 octets)Contrairement au cinéma américain qui est largement dominé par des héros masculins, le cinéma hongkongais laisse une grande place aux héroïnes qui n'ont rien à envier à leurs confrères mâles.  Parmi ces actrices, Michelle Yeoh est à la tête de la liste.  Une actrice de talent, Michelle Yeoh est l'équivalent de Jackie Chan et ce faisant, elle exécute aussi toutes ses propres cascades.  Suite à quelques films à succès dans les années '80 dont Magnificent Warriors (Chung, 1987) et Royal Warriors (Yuen, 1987), Michelle Khan (son nom à ce moment) prend sa retraite du cinéma en épousant un producteur de renommée, Dickson Poon.  Leur divorce quelques années plus tard redonnera au monde entier une actrice extraordinaire qui deviendra la vedette féminine la plus populaire de l'Asie.   En 1993, Michelle Yeoh interprète des rôles dans deux des plus grands films des années '90 au Hong-Kong : Police Story III : Supercop avec Jackie Chan et The Heroic Trio (Ching, To, 1992).  Ce dernier film raconte l'histoire de trois super-héroïnes qui doivent trouver le responsableThe Heroic Trio d'une série de kidnappings de nouveaux nés : un puissant sorcier qui cherche à dominer le monde (rien de moins pour le cinéma hongkongais).  Michelle Yeoh, Anita Mui (la Madonna de l'Asie) et Maggie Cheug (Miss Hong Kong) sont superbes dans ce film du même réalisateur que le classique A Chinese Ghost Story.  Outre les films de Michelle Yeoh, quelques perles sont à suggérer dont Black Cat (Shin, 1991), une reprise de La Femme Nikita (Besson, 1990), Naked Killer (Fok, 1992) qui partage plusieurs points narratifs avec Vertigo (1958) d'Alfred Hitchcock, She Shoots Straight (Yuen, 1990) et Satin Steel (Leung, 1994).

Visitez le site : The Michelle Yeoh Web Theatre

Il serait déplorable de terminer notre survol du cinéma hongkongais sans mentionner le film Hero, réalisé par Zhang Yimou et mettant en vedette Jet Li, Tony Leung, Maggie Cheung, Zhang Ziyi et Donnie Yen. En nomination pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2002, ce film de wu xia traditionnel est composé d’une série de tableaux d’une beauté visuelle sans équivalent qui présentent des chorégraphies inoubliables suivant un code de couleur très bien déterminé. Le film explore simultanément les notions de l’objectivité, de l’équilibre universel et du devoir tout en explorant des parallèles entre l’art martial, la calligraphie et la musique. Malgré l’atmosphère nostalgique qui plane sur ce film tant au niveau musicale que visuel, les effets numériques, subtils pour la plupart, et la mise en scène qui rappelle encore une fois les jeux vidéos lui confèrent une esthétique particulière qui fascine et hypnotise. Film parfait, Hero est destiné à devenir un film culte pour tous les amateurs du cinéma de wu xia et du cinéma hongkongais qui poursuit son exploration d’un passé légendaire et magique à l’aide d’une forme artistique moderne et hautement technologique.

Maggie Cheung dans Hero.

Après 1997

Depuis la réunification de Hong Kong avec la Chine communiste, une migration importante du talent hongkongais a lieu aux États-Unis, en France et au Canada.  L'impact de ce phénomène est encore difficile à évaluer ainsi que le futur de l'industrie du cinéma en Chine.  Il n'en demeure pas moins que la présence de ces acteurs et réalisateurs / producteurs se fait déjà sentir à bien des niveaux.  Jackie Chan poursuit sa carrière dans des films américains dont l'excellente série Rush Hour en plus de relancer ses vieux films hongkongais avec une doublure anglophone pour profiter de l'intérêt récent du public américain pour ses films.  Suite à son rôle à l'opposé de Mel Gibson dans Lethal Weapon IV (Donner, 1998), Jet Li espère lui aussi donner naissance à une nouvelle carrière hollywoodienne.  Ses premiers films américains, Romeo Must Die (Bartkowiak, 2000) et The One (Wong IV, 2001) laissent beaucoup à désirer et même une collaboration avec Luc Besson dans Kiss of the Dragon (Nahon, 2001) n'est pas suffisante pour bâtir une carrière à l'étranger.  A l'instar de Jackie Chan, Li a aussi relancé l'un de ses anciens succès asiatiques aux États-Unis, le banal Black Mask (Lee, 1996).  Malgré tout son talent, il semble clair que la transition ne sera pas facile.

Black Mask John Woo dirige Tom Cruise dans MI:2

Quant à John Woo et Chow Yun-Fat, ils ont aussi accompli la transition.  Chow Yun-Fat a déjà interprété des rôles similaires à ceux qui l'ont rendu populaire dans The Replacement Killers (Fuqua, 1998) et The Corruptor (Foley, 1999), mais c'est son rôle aux côtés de Jodie Foster dans le remake du classique The King and I (Lang, 1956) intitulé Anna and the King (Tennant, 1999) qui le transforme définitivement en vedette américaine.  Quant à Woo, il poursuit son oeuvre kinesthésique dans les films hollywoodiens Hard Target (1993), Broken Arrow (1996) et l'excellent Face/Off.  Il a même produit une série pour la télévision canadienne basée sur son propre film Once a Thief.  Tous ces projets lui ont permis de se bâtir une solide renommée auprès des producteurs américains qui lui ont confié la réalisation de Mission : Impossible 2, un chef-d'oeuvre sans aucun doute.

L'influence de ces individus sur le cinéma américain se fait sentir de toutes parts.  Un intérêt grandissant pour le cinéma et les acteurs asiatiques est évident sans mentionner les scènes qui constituent des emprunts flagrants au cinéma hongkongais.  C'est le cas du combat dans le dojo de The Matrix (Wachowski, 1999), une séquence chorégraphiée par Woo-ping Yuen, un maître des arts martiaux et réalisateur de films comme Iron Monkey (1993) et Iron MonkeyWing Chun (1994) mettant en vedette Michelle Yeoh.  Le frère de Woo-ping Yuen, Cheung-Yan Yuen est responsable des cascades réalisées par Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Alexis Liu dans Charlie's Angels (McG, 2000).  La princesse Fiona du film Shrek (PDI, 2001) démontre aussi un certain talent lorsqu'elle se bat avec les hommes de Robin Hood.  Peter Hyams marie l'oeuvre d'Alexandre Dumas et le kung-fu dans son adaptation étrange : The Musketeer (2001).  Même George Lucas n'est pas insensible à l'influence hongkongaise, le visionnement de The Phantom Menace (1999) le prouve tant au niveau des costumes que du combat au sabre-laser qui a passé de l'esthétique japonaise de la trilogie originale à un style beaucoup plus aggressif, plus prêt du kung-fu chinois dans les nouveaux films.  Le film d'animation qu'offra Disney en 1998, Mulan (Cook, Bancroft, 1998), est une preuve irréfutable du renouveau d'intérêt pour l'univers asiatique et soulignons la présence de Michelle Yeoh dans Tomorrow Never Dies (Spottiswoode, 1997), une Bondgirl à la hauteur de notre agent secret préféré.  Finalement, la cérémonie des Oscars des films de l'an 2000 a vu de nombreux asiatiques remercier leurs pairs dans la production de Crouching Tiger Hidden Dragon, film avec lequel le cinéma hongkongais devient une fois pour toutes (espérons!) mainstream.  Il est encore tôt pour mesurer l'impact réel de cette migration du talent hongkongais à Hollywood, mais il est évident que la face des cinémas chinois et américain en sera profondément bouleversée.  Le cinéma européen n'est certainement pas à l'abris de cette double influence (américaine et asiatique) et de nombreux films récents en sont la preuve : Les Rivières pourpres (Kassovitz, 2000), Le Pacte des loups (Ganz, 2001), Vidocq (Pitof, 2001), Wasabi (Krawczyk, 2001) et Samouraïs (Gederlini, 2002) pour ne nommer que ceux-là. 

A Better Tomorrow   Ang Lee dirige Chow Yun-Fat dans Tigre et Dragon.   Charlie's Angels

Les incontournables

Légende :   ***** Excellent    **** Très bon     *** Bon    ** Médiocre    * Désastreux

Titre Réalisateur Année Cote
A Better Tomorrow
Ying huang boon sik
John Woo 1986 ***
A Chinese Ghost Story
Sinnui yauman
Siu-Tung Chin 1987 ****
Bride With White Hair
Bai fa mo nu zhuan
Ronny Yu 1993 *****
Bride With White Hair II
Bai fa mo nu zhuan II
David Wu 1993 *****
Chungking Express
Chongqing senlin
Wong Kar-wai 1994 ****
Crouching Tiger Hidden Dragon
Wo hu zang long
Ang Lee 2000 ****
Fist Of Legend
Jing wu ying xiong
Gordon Chan
Woo-ping Yuen
1994 ****
Hard Boiled
Lashou shentan
John Woo 1992 *****
Hero
Ying Xiong
Zhang Yimou 2002 *****
The Heroic Trio
Tong fong sam hop
Siu-Tung Chin,
Johnny To
1992 ***
The Killer
Die xue shuang xiong
John Woo 1989 *****
Police Story III : Supercop
Jing cha go shi III : Chao ji jing cha
Stanley Tong 1992 ****
Rumble In The Bronx
Hong faan kui
Stanley Tong 1995 ***
She Shoots Straight
Huang jia nu jiang
Corey Yuen 1990 ***

Références :

  • Auteurs divers, L'Asie à Hollywood, Cahiers du cinéma, France, 2001.
  • Hammond, Stefan & Mike Wilkins, Sex And Zen & A Bullet In The Head : The Essential Guide to Hong-Kong's Mind-Bending Films, Fireside, New-York, 1996.
  • Heard, Christopher, Ten Thousand Bullets : The Cinematic Journey Of John Woo, Doubleday Canada, 1999.
  • Server, Lee, Asian Pop Cinema Bombay To Tokyo, Chronicle Books, San Francisco, 1999.

Sites externes :

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