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Le cinéma hongkongais
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Un peu d'histoire Comme la grande majorité des pays du monde, le premier contact du cinéma à
Hong Kong se fait grâce aux opérateurs Lumière qui présentent le cinématographe en
Chine dès 1896. Le premier film chinois, Ding Jung Shan, réalisé par Liu
Jing Lun et Ren Jing Feng, date de 1905 et met en vedette la star de l'opéra de Pékin à
cette époque : Lord Tan Xinpei (voir à ce sujet l'excellent film Shadow Magic
(Hu, 2000)). Le cinéma muet chinois puise ses acteurs dans le répertoire de
l'opéra de Pékin principalement mais ce sont des hommes qui interprètent tous les
rôles (incluant les rôles féminins) et puisque le cinéma est perçu comme une forme
inférieure d'art, les femmes prendront la relève et occuperont toujours un rôle
dominant dans le cinéma chinois. Ils interpréteront même souvent des rôles
masculins. Mentionnons simplement Cheng Pei-pei qui domine le cinéma des années
'60 et tient la vedette du film Come Drink with Me (Hu, 1966), un classique du
cinéma hongkongais. Elle tient aussi le rôle de Jade Fox, la vilaine de Crouching
Tiger, Hidden Dragon (Lee, 2000). L'histoire du cinéma de Hong Kong a toujours
été fortement influencée par la situation géo-politique du pays. Une première
vague importante de réalisateurs et de films va naître à Hong Kong dans les années '30
puisque le cinéma devient sonore. La Chine décrète que tous les films seront
tournés en Mandarin ce qui occasionne un exode massif du talent cantonais vers Hong Kong
où les restrictions sont moindres et où il se tourne beaucoup plus de films.
L'occupation japonaise du pays en 1941 mettra fin à la production. Après la
deuxième guerre mondiale, le cinéma de Hong Kong adoptera rapidement le modèle
américain de production mais contrairement aux États-Unis, deux langues nationales
feront compétition en sol chinois : le mandarin (langue des immigrants Chinois) et le
cantonais (langue officielle des Hongkongais). Visitez le site web des studios Shaw Brothers.
Une organisation commerciale L'industrie cinématographique de Hong Kong est la troisième plus grande en
terme de production mondiale de films, l'Inde et les États-Unis étant à la tête de
cette liste. Les trois industries nationales ont aussi une infrastructure
commune. D'une part, la majorité des films produits ont une visée commerciale, un
état de fait qui ne réduit en rien l'aspect artistique des oeuvres, mais il n'en demeure
pas moins que le but principal est de divertir la masse. Ceci entraîne un cinéma
de genres, Le kung-fu Les origines historiques du kung-fu se trouvent en 1765 lorsque le
monastère Shaolin est déclaré illégal par l'empereur de la dynastie Mandchou et
brûlé. Seulement trois moines ont survécu au massacre et l'un d'entre-eux, Zhi
Shan, enseignera les techniques du Shaolin aux acteurs de l'opéra de Pékin. L'art
martial se mariera ainsi à la danse et à la chorégraphie. Le cinéma naîtra
ensuite et les acteurs de l'opéra deviendront ceux du cinéma. Le kung-fu est le
genre dominant du cinéma chinois dès le début et connaîtra son apogée avec Bruce Lee.
Suite à son décès, le cinéma de kung-fu sombre dans un abysse de
médiocrité. Le genre devient rapidement synonyme de série B surtout en Amérique
où le doublage est de très pauvre qualité, parfois même complètement
désynchronisé. Heureusement, une nouvelle génération d'acteurs / cascadeurs
permettront au cours de la nouvelle-vague hongkongaise une renaissance du film de
kung-fu. La philosophie martiale est au centre de la culture asiatique et
l'influence du kung-fu ne se limite pas uniquement aux films de ce genre. Les films
de capes et d'épées, les films de triade et bien d'autres films présentent des
séquences de kung-fu mais ce sont les films de genre qui en prennent le plus pleinement
avantage. La Hong Kong Peking Opera School, une institution vénérable
mais extrêmement stricte pratique l'éducation classique des jeunes enfants Visitez le site officiel de Jackie Chan. Sammo Hung, remarquable pour ses prouesses malgré son poids, devient aussi un acteur et réalisateur prolifique au cours de la nouvelle-vague hongkongaise. Comme Jackie Chan, il est figurant dans Enter the Dragon. Il travaille par la suite beaucoup avec Chan et les autres petites fortunes dans Project A (Chan, 1983) et Dragons Forever (1987) qu'il réalise lui-même. En 1997, Sammo Hung a réalisé le plus récent chapitre de la série Once Upon a Time in China (intitulé IV ou in America) mettant en vedette Jet Li. Le deuxième film américain de Jackie Chan, Shanghai Noon (Dey, 2000) emprunte librement plusieurs éléments narratifs à ce film. Sammo Hung interprèta aussi Sammo Law, un personnage principal de la série américaine télévisuelle Martial Law (1998-2000) aux côtés d'Arsenio Hall. Visitez le site officiel de Sammo Hung. Dès sa petite enfance, Jet Li (Li Lian Jie) devient un adepte du wushu à l'école primaire Changqiao de Pékin. Le wushu est un art martial (le plus populaire de la Chine) dont la caractéristique première est l'adaptation et la survie. Initialement une forme d'entraînement militaire, le wushu est aujourd'hui un sport de démonstration et de spectacle où la chorégraphie et la danse martiale prennent le dessus sur la violence. Dans le wushu cinématographique, c'est le divertissement qui compte. Très rapidement, Jet Li remporte de nombreuses compétitions internationales et en 1979, il interprète son premier rôle au cinéma dans The Shaolin Temple (Zhang). Contrairement à ses contemporains, Li excelle dans deux genres dominants du cinéma asiatique : le film de capes et d'épées ainsi que le film de kung-fu. Parmi les plus extraordinaires films de kung-fu de Jet Li on compte The Bodyguard from Beijing (The Defender) (Yuen,1994) une reprise du film américain The Bodyguard (Jackson, 1992), The Legend (Yuen, 1993) qui présente un éventail incroyable de combats et Fist of Legend (Chan, Yuen, 1994) un hommage au classique Fist of Fury (Lo, 1972) de Bruce Lee. Les films de Jet Li se différencient des autres par leur sérieux et les sujets traités dont l'occupation japonaise durant la deuxième guerre mondiale et évidemment la rétrocession. The Bodyguard from Beijing présente toute la dualité du pays dans la relation qui se tisse entre le personnage de Li, un garde du corps de l'armée rouge et sa cliente, une Hongkongaise célèbre. Dans Fist of Legend, la relation amoureuse interdite qui se tisse entre le jeune Chinois Chen Zen (Jet Li) et la Japonaise Mitsuko Yamada (Shinobu Nakayama) est à la fois une métaphore de l'occupation japonaise et de la rétrocession, la nouvelle génération étant l'espoir d'une plus grande ouverture sur le monde.
Visitez le site web officiel de Jet Li. Le wu xia pian Wu signifie «l'art martial» et xia signifie «la chevalerie». Le genre cinématographique le plus populaire des pays asiatiques a toujours été le film de wu xia, le film de capes et d'épées. Au Japon, il s'agit des films de Samouraï d'Akira Kurosawa ou encore ceux de Hiroshi Inagaki. A Hong Kong, le genre existe depuis les premiers films produits au pays mais un nouveau souffle de créativité viendra réinventer le genre au milieu des années '80 grâce à un seul homme : Tsui Hark. Né au Vietnam, Tsui Hark étudie la mise en scène au Texas avant de revenir à Hong Kong pour réaliser le premier film chinois à effets spéciaux : Zu : Warriors of the Magic Mountain (1983) et un film qui établit clairement la relation qui existe entre l'opéra de Pékin et le kung-fu : Peking Opera Blues (1986). En 1987, Hark produit le film A Chinese Ghost Story, réalisé par Siu-Tung Chin et d'un seul coup change la face du cinéma national hongkongais. Un mélange de conte traditionnel, de kung-fu et de fantastique, A Chinese Ghost Story est un succès international et donne naissance à un sous genre du film de capes et d'épées : le wire-fu, appelé ainsi puisque les scènes de combat sont tournées à l'aide de cables invisibles qui supportent les acteurs et leur permettent des acrobaties autrement impossibles. En plus de produire les suites de ce film, Tsui Hark produit, scénarise et réalise un éventail impressionnant d'oeuvres clefs des dix dernières années du Hong Kong britannique. Le film de triade (voir plus bas) renaît aussi grâce à Hark et son association avec John Woo. En 1991, Tsui Hark produit et réalise Once Upon a Time in China, le premier film d'une série très populaire qui met en vedette Jet Li dans le rôle du personnage historique Wong Fei-hung. Wong Fei-hung, interprété pour la première fois par l'acteur Kwan Tak-Hing, est devenu le héros le plus populaire du cinéma chinois après la deuxième guerre mondiale et plus de cent films le mettant en vedette ont été produits. Jackie Chan et Jet Li ne sont que les deux plus récents acteurs à jouer le rôle et la carrière de ce dernier prend son envolée avec cette série et c'est un genre auquel Li reviendra continuellement lorsqu'il ne joue pas dans un film de kung-fu classique. Il n'y a pas de film ou d'individu important dans l'industrie filmique de Hong Kong qui ne doit rien à Tsui Hark.
Parmi tous les films asiatiques, ce sont les films de capes et d'épées qui
démontrent le mieux l'importance des philosophies bouddhiques et taoïstes. Le
bouddhisme est la philosophie asiatique la plus répandue dans le monde et celle-ci prend
de nombreuses formes différentes en s'adaptant aux pays et aux cultures dans lesquels
elle s'inscrit. Les japonais par exemple privilégient le zen, une forme
méditative et très minimaliste du bouddhisme. Il est impossible dans le cadre de
cette page de prétendre à une étude adéquate du sujet mais mentionnons tout de même
le principe central du bouddhisme : la voie du bonheur est constituée par la sagesse, par
la réalisation d'actions morales et par la discipline mentale qui permet d'accéder à
l'éveil. A ce dicton élémentaire, ajoutons l'élément The Bride with White Hair The Bride with White Hair est d'abord et avant tout une
histoire d'amour tragique. Leslie Cheung, une des plus grandes vedettes de Hong
Kong, interprète Cho Yi Hang, un jeune homme rebel, élevé par son maître pour le
succéder comme chef des huit clans. Les huit clans ont un ennemi mortel : un groupe
de guerriers occultes menés par des jumeaux siamois et une jeune femme-louve, Lien
(Brigitte Lin Ching Hsia). Malgré les alliances qui les opposent, Cho et Lien
tomberont en amour et Cho promet à Lien de ne jamais douter de son intégrité.
Malheureusement, le massacre des amis de Cho par les siamois déguisés éprouve la foi de
celui-ci envers Lien, une insulte qu'elle n'accepte pas. Elle abandonne Cho à sa
misère. The Bride with White Hair est une adaptation d'un roman chinois des années '50, un récit classique, issu de la tradition des contes d'arts martiaux. La facture du film, par contre, est indéniablement moderne. Précédemment à la réalisation de ce film, Ronny Yu réalisait des films d'action modernes, des films de triade. Ces films, malgré un certain succès, ne s'élevaient pas au-dessus de la panoplie des productions du genre réalisées à Hong Kong entre 1985 et 1997, particulièrement lorsque l'on compare ces oeuvres aux films de John Woo. En réalisant The Bride with White Hair, Yu expérimenta avec un nouveau récit tout en conservant l'énergie et le rythme des films modernes. Le résultat est un film original qui traite d'une histoire et d'un contexte connu, mais en le présentant sous un angle nouveau. The Bride with White Hair évolue dans l'hyper-réalité, c'est-à-dire que la crédibilité des personnages, environnements et situations sont tendus au point le plus fragile, sans pour autant tomber dans la fausseté. Les scènes de combat présentent des personnages qui semblent échapper aux lois de la gravité et maîtriser une multitude d'armes et de techniques complexes. Tout l'univers du film effleure l'artificialité avec une lumière parfaitement bleue ou rouge et le mariage du cinéma avec ces décors presque théâtraux rend un effet à la fois mystique et mythique à l'histoire. Et comment ne pas mentionner le son, traditionnellement exagéré dans la cinématographie asiatique ? Ici, il se fond parfaitement dans l'esthétique hyper-sensorielle du film. Ronny Yu a tenu un pari important dans la réalisation de The Bride with White Hair, mais la dose de réalité et de fantaisie est juste et le visionnement du film est une expérience que l'on oublie pas de si tôt!
Inévitablement, la suite de ce succès commercial fut réalisée, cette fois par David Wu, monteur de plusieurs des films de John Woo. The Bride with White Hair 2 poursuit et termine l'histoire tragique de Cho et Lien. Les deux films sont d'un synchronisme visuel et d'une continuité thématique tel que le visionnement des deux épisodes ressemble plutôt à un seul film de trois heures et non à deux films distincts. Lien, maintenant une sorcière à la tête d'un clan de femmes dont le but principal est de tuer tous les hommes, refuse au dernier descendant vivant de Cho, Kit, le bonheur. Elle lui enlève sa femme le soir de ses noces. Kit, accompagné d'un représentant de chacun des huit clans, entreprend de tuer Lien et de sauver sa fiancée du clan des femmes. Le conflit mènera à la réunion de Cho et Lien et à la conclusion ultime d'une histoire d'amour extraordinaire. Le deuxième film respecte très fidèlement le traitement visuel du premier et présente un groupe de nouveaux personnages très attachants. Parmi ceux-ci, mentionnons Christy Chung, jeune montréalaise qui a connu ses débuts dans le film Love and Human Remains (1993) de Denys Arcand mais qui est surtout une vedette à Hong Kong. Outre le rôle de Moon dans The Bride with White Hair 2, elle partage la vedette avec Jet Li dans The Bodyguard from Beijing et poursuit sa carrière qui compte déjà plus de 20 films.
Le film de triade
The Killer The Killer, réalisé par John Woo en 1989 (l'année du
massacre de la place Tiananmen) représente à la fois l'apothéose du genre et le
chef-d'oeuvre personnel de son réalisateur. The Killer raconte l'histoire de
John (Chow Yun-Fat), un tueur à gages qui va accidentellement aveugler une chanteuse,
Jenny (Sally Yeh), dans un club lors d'une descente. John, qui ne veut rien de plus
que de prendre sa Autres genres Les trois genres dominants de la nouvelle-vague hongkongaise ne sont pas exclusifs et quelques réalisateurs produisent des films de genres moins populaires, mais qui s'inscrivent tout autant dans cette époque extraordinaire. Wong Kar-wai est l'un de ces réalisateurs, qui depuis son premier long métrage As Tears Go By (1986), explore la condition humaine dans des oeuvres plus réalistes et dramatiques que ses contemporains. Chungking Express (1994) est un hommage au style de Jean-Luc Godard et s'inscrit tout à fait dans la nouvelle-vague de Hong Kong en explorant les relations souvent douloureuses qui naissent dans ce petit restaurant express. La rétrocession n'est jamais bien loin du cinéma hongkongais et le personnage interprété par la chanteuse canto-pop Faye Wong en est un exemple frappant. Cette dernière écoute sans cesse la chanson "California Dreaming" et rêve de quitter Hong Kong pour une vie meilleure aux États-Unis. Wong Kar-wai poursuit sa réflexion dans Fallen Angels (1995), Happy Together (1997), Ashes of Time, son majestueux film de wu xia et In the Mood for Love (2000). Le cinéma d'auteur est en pleine santé à Hong Kong !
Bien que Taiwanais d'origine, il serait malheureux de ne pas faire mention de Ang Lee. Suites à des études cinématographiques à New-York, Ang Lee scénarise et réalise le célèbre Wedding Banquet (1993), un portrait moderne du couple gai asiatique, le même thème exploré par Wong Kar-wai dans Happy Together. Ang Lee récidive avec Eat Drink Man Woman (1994), un portrait de famille touchant. Son plus récent film le rapproche beaucoup plus de la nouvelle-vague hongkongaise puisqu'il s'agit d'un film d'époque et d'épées auquel s'inscrit le wire-fu de Woo-ping Yuen. Mettant en vedette Chow Yun-Fat, Michelle Yeoh, Chang Chen et Zhang Ziyi, il s'agit de Crouching Tiger Hidden Dragon. Ce film est d'une importance toute particulière en ce qui a trait à l'intégration du cinéma asiatique auprès du public américain. Le 25 mars 2001, lors de la cérémonie annuelle des Oscars, Crouching Tiger Hidden Dragon remporta non moins de 4 statuettes : meilleur film étranger, cinématographie, direction artistique et musique, une preuve irréfutable de l'ouverture graduelle de Hollywood aux cinémas étrangers ainsi que l'influence certaine du cinéma hongkongais sur l'industrie dominante du cinéma mondial.
Visitez le site : The Michelle Yeoh Web Theatre Il serait déplorable de terminer notre survol du cinéma hongkongais sans mentionner le film Hero, réalisé par Zhang Yimou et mettant en vedette Jet Li, Tony Leung, Maggie Cheung, Zhang Ziyi et Donnie Yen. En nomination pour lOscar du meilleur film étranger en 2002, ce film de wu xia traditionnel est composé dune série de tableaux dune beauté visuelle sans équivalent qui présentent des chorégraphies inoubliables suivant un code de couleur très bien déterminé. Le film explore simultanément les notions de lobjectivité, de léquilibre universel et du devoir tout en explorant des parallèles entre lart martial, la calligraphie et la musique. Malgré latmosphère nostalgique qui plane sur ce film tant au niveau musicale que visuel, les effets numériques, subtils pour la plupart, et la mise en scène qui rappelle encore une fois les jeux vidéos lui confèrent une esthétique particulière qui fascine et hypnotise. Film parfait, Hero est destiné à devenir un film culte pour tous les amateurs du cinéma de wu xia et du cinéma hongkongais qui poursuit son exploration dun passé légendaire et magique à laide dune forme artistique moderne et hautement technologique.
Après 1997 Depuis la réunification de Hong Kong avec la Chine communiste, une migration importante du talent hongkongais a lieu aux États-Unis, en France et au Canada. L'impact de ce phénomène est encore difficile à évaluer ainsi que le futur de l'industrie du cinéma en Chine. Il n'en demeure pas moins que la présence de ces acteurs et réalisateurs / producteurs se fait déjà sentir à bien des niveaux. Jackie Chan poursuit sa carrière dans des films américains dont l'excellente série Rush Hour en plus de relancer ses vieux films hongkongais avec une doublure anglophone pour profiter de l'intérêt récent du public américain pour ses films. Suite à son rôle à l'opposé de Mel Gibson dans Lethal Weapon IV (Donner, 1998), Jet Li espère lui aussi donner naissance à une nouvelle carrière hollywoodienne. Ses premiers films américains, Romeo Must Die (Bartkowiak, 2000) et The One (Wong IV, 2001) laissent beaucoup à désirer et même une collaboration avec Luc Besson dans Kiss of the Dragon (Nahon, 2001) n'est pas suffisante pour bâtir une carrière à l'étranger. A l'instar de Jackie Chan, Li a aussi relancé l'un de ses anciens succès asiatiques aux États-Unis, le banal Black Mask (Lee, 1996). Malgré tout son talent, il semble clair que la transition ne sera pas facile.
Quant à John Woo et Chow Yun-Fat, ils ont aussi accompli la transition. Chow Yun-Fat a déjà interprété des rôles similaires à ceux qui l'ont rendu populaire dans The Replacement Killers (Fuqua, 1998) et The Corruptor (Foley, 1999), mais c'est son rôle aux côtés de Jodie Foster dans le remake du classique The King and I (Lang, 1956) intitulé Anna and the King (Tennant, 1999) qui le transforme définitivement en vedette américaine. Quant à Woo, il poursuit son oeuvre kinesthésique dans les films hollywoodiens Hard Target (1993), Broken Arrow (1996) et l'excellent Face/Off. Il a même produit une série pour la télévision canadienne basée sur son propre film Once a Thief. Tous ces projets lui ont permis de se bâtir une solide renommée auprès des producteurs américains qui lui ont confié la réalisation de Mission : Impossible 2, un chef-d'oeuvre sans aucun doute. L'influence de ces individus sur le cinéma américain se fait sentir de toutes
parts. Un intérêt grandissant pour le cinéma et les acteurs asiatiques est
évident sans mentionner les scènes qui constituent des emprunts flagrants au cinéma
hongkongais. C'est le cas du combat dans le dojo de The Matrix
(Wachowski, 1999), une séquence chorégraphiée par Woo-ping Yuen, un maître des arts
martiaux et réalisateur de films comme Iron Monkey (1993) et
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