Du muet au sonore...
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Le cinéma tire ses origines de plusieurs sources technologiques et artistiques différentes.  De plus, l'histoire du cinéma varie considérablement selon l'historien et son pays d'origine.  Divisé en cinq grandes périodes, ce texte propose un bref aperçu historique de la présence du son au cinéma, les moments marquants de son histoire et les personnes les plus importantes de son développement.

« […] Sartre avait trop aimé le muet pour envisager sans mécontentement que le parlant pût jamais le supplanter; sans doute réussirait-on à le débarrasser de certaines grossières imperfections techniques, à accorder la sonorité des voix avec les distances et les mouvements; mais le langage des images, pensait Sartre, était un tout qui se suffisait; on le gâterait si on lui en superposait un autre; la parole était, selon lui, incompatible avec cet irréalisme — comique, épique, poétique — qui l’attachait au cinéma. »

 Simone de Beauvoir, La Force de l’âge.
 

 

Le cinéma muet (1895-1927)

Eadweard Muybridge, photographe anglais, entreprend en 1872 une série d'expériences qui conduiront à l'image animée cinématographique.  Pour étudier le mouvement des animaux, Muybridge plaça une série d'appareils photographiques le long de la trajectoire d'un cheval au galop.  En courant, l'animal heurtait un fil, déclenchant chaque appareil, et Muybridge obtint ainsi une série de photographies du cheval en mouvement.   Pour reconstituer le mouvement de l'animal, Muybridge plaça ces photographies dans un cylindre qu'il tourna à haute vitesse: le zoopraxiscope.  L'idée du mouvement reconstitué fut dès lors au coeur du cinéma et les expériences de Muybridge ont eu un impact important sur un autre inventeur...

L'expérience du cheval...

Thomas Alva Edison était un inventeur américain très prolifique du début du 20ième siècle.  Il a travaillé sur  la lumière artificielle, les communications télégraphiques et téléphoniques; il est aussi responsable du premier véritable appareil cinématographique:  le kinétoscope.  Edison, inspiré des expériences de Muybridge et des lanternes magiques (zeotrope), conçoit en 1889 un projecteur  permettant  à un spectateur de visionner un film dans une boîte à sous.  Bien qu'Edison ait réalisé son kinétoscope avant que les frères Lumière ne dévoilent leur cinématographe, il n'est pas considéré comme l'inventeur du cinéma (sauf  par quelques historiens américains bien sûr)  puisque son appareil ne permet pas de présenter un film à plus d'un spectateur à la fois.

Voir les pages de ce site consacrées à Thomas Edison et les frères Lumière...

Le cinéma est né le 28 décembre 1895, à Paris, lors de la première présentation publique du cinématographe Lumière.  La programmation de cette soirée était composée de quelques courts métrages muets, tournés par les frères Lumière eux-mêmes, dont L'Arrivée d'un train en gare, Sortie d'usine, Repas de bébé.  Pourtant, dès ce début, le cinéma ne fut pas muet au sens strict.  Il n'y avait pas de sons synchronisés avec les images, c'est vrai.   Cependant, un bonimenteur était présent pour narrer ou expliquer les images qui défilaient.  Ce dernier est l'ancêtre de la voix du narrateur filmique, la voix-off.   Au Japon, le bonimenteur, appelé benshi, lisait aussi le dialogue et ce, pour chaque personnage du film.  Comme les premiers films furent souvent présentés dans le cadre du vaudeville, un pianiste et parfois même un orchestre pouvait aussi accompagner le film.  Il y avait donc déjà une trame musicale et une voix-off dès le début du cinéma.  Si cette époque est aujourd'hui considérée muette, c'est que le son synchronisé n'existait pas encore; mais déjà les films muets présentaient des scènes où le son était suggéré dans l'image.  Dans le film Metropolis (Lang, 1927), le héros tend l'oreille de façon à démontrer qu'il entend les hurlements de sa bien-aimée que nous voyons crier.  De la même façon, plusieurs films muets présentaient des images de cloches ou d'autres appareils qui produisaient des bruits de manière à suggérer le son.  Avec tant d'éléments sonores déjà associés au septième art, le son synchrone n'allait pas tarder à venir...

Les premiers pas (1927)speaker.gif (7211 octets)

Si le début du cinéma sonore est daté de 1927, c'est bien à cause du film The Jazz Singer d'Alan Crosland.  Pourtant, plusieurs expériences avaient déjà eu lieu avant cette date.  Dès 1889, W.K.L Dickson développe un système pour synchroniser le son d'un phonographe (lecteur de disques en vinyle) d'Edison avec le kinétoscope (boîte à visionnement de films), c'est le kinétophonographe.  Plusieurs problèmes ont été soulevés par cette expérience.  D'abord, le son étant sur un support autre que le film, la synchronisation était très difficile.  De plus, souvenons-nous, le kinétoscope, tel que conçu par Edison, ne permettait le visionnement d'un film que par une seule personne à la fois.

The Jazz Singer    

En 1926, la compagnie américaine AT&T développe un système pour synchroniser le son du phonographe avec un projecteur de films, le vitaphone.  C'est Warner Brothers, un studio hollywoodien en difficultés financières, qui adopte le système d'AT&T et l'exploite d'abord avec quelques courts métrages dont Don Juan (1926).  Ces films présentaient une musique et quelques sons enregistrés sur le phonographe, synchronisés avec les images du film.   C'est en 1927 que Warner Brothers utilisa pour la première fois des séquences de vitaphones dans un long métrage: The Jazz Singer.  Cette fois, le cinéma devient parlant.  A la musique et les sons s'ajoute le dialogue d'Al Jolson incluant la fameuse phrase «You ain't heard nothin' yet!».  Bien que le film est annoncé comme étant 100% parlant, il s'agit en réalité d'un film muet qui ne contient que quelques séquences sonores.  Le film ne fut pas un succès immédiat,  mais avec le temps, les rumeurs circulèrent  et le film eut assez tôt un succès commercial important au point d'éviter la faillite du studio!  Le premier film véritablement parlant à 100% est Lights of New-York (Foy, 1928).

A cette époque, il était commun de présenter des bulletins de nouvelles avant le programme principal.  En 1927, quelques mois avant la présentation de The Jazz Singer, le studio Fox développa un système d'enregistrement optique du son.  C'est-à-dire que la bande sonore fut placée sur la pellicule en tant que telle, éliminant ainsi les problèmes de synchronisation.   Les premiers bulletins de nouvelles sonores, les Fox movietones, furent présentés au public quelques mois avant le film de Warner Brothers.  Le système d'enregistrement optique du son devint rapidement la norme au cinéma.

La transition (1927-1940)speaker.gif (7211 octets)

La transition du cinéma dit muet au cinéma sonore ne se fit pas sans heurts ni contestations.  D'abord, du côté de la production, les studios furent insonorisés et la caméra, plutôt bruyante à l'époque, devint prisonnière d'une cabine d'insonorisation elle aussi.  Les salles de cinéma, pour leur part, durent modifier leurs équipements de projection pour accomoder la technologie du film sonore (hauts-parleurs, nouveaux projecteurs), ce qui occasionna des coûts risqués et importants.  Ne pouvant payer le prix élevé de ces rénovations obligatoires afin de présenter les nouveaux films, les plus petites salles (indépendantes) ont fermé leurs portes et Hollywood consolida son contrôle de la distribution filmique.  De plus, les bonimenteurs chargés de commenter les projections, ainsi que les musiciens qui rythmaient l'action en direct, ne pouvaient voir d'un bon oeil ces innovations qui les rendaient à toutes fins pratiques inutiles.  Malgré l'ensemble de ces résistances techniques et humaines, le cinéma muet n'exista plus à Hollywood dès 1935.  Les autres pays ne tardèrent pas à suivre le courant mais le cinéma international devint soudainement problématique: le sous-titrage et la doublure devinrent nécessaires ce qui occasionna aussi des dépenses importantes.  Afin de favoriser un environnement de tournage silencieux, les studios ont fermé leurs portes au public qui pouvait jadis témoigner du tournage d'un film muet pour une modique somme d'argent.  L'absence de ce revenu couplé aux nombreuses dépenses occasionnées par le nouveau matériel de tournage avec le son synchrone a fait en sorte que les coûts de production d'un film ont dramatiquement augmenté au début des années '30.

Les changements technologiques amènent toujours des changements esthétiques.  Le cinéma souffrit d'une perte de liberté créatrice importante au début des années trente.  L'emprisonnement de la caméra dans une cabine réduisit dramatiquement la possibilité de mouvement de l'appareil.  L'image cinématographique devint soudainement statique.  Le montage fut aussi gravement affecté par les emplacements restreints de la caméra, mais aussi par l'impossibilité de modifier ou de reprendre l'enregistrement sonore.  A cette contrainte s'ajouta la grosseur des premiers microphones.  Difficiles à dissimuler, ils nécessitèrent l'augmentation de la quantité de «pots à fleurs» placés près des acteurs qui durent diriger leur dialogue vers ceux-ci.  Le résultat ne fut pas toujours convaincant.  Quelques années plus tard, le mixage sonore et la post synchronisation furent heureusement développés pour résoudre ces problèmes et la caméra devint de nouveau mobile.

Outre les problèmes techniques, l'arrivée du cinéma sonore eut de graves conséquences sur le jeu de l'acteur devant la caméra.  Les acteurs du muet, des mimes aux visages exagérément expressifs, mais parfois aux voix faibles, ont eu beaucoup de difficultés à s'adapter au jeu de l'acteur parlant.  C'est pourquoi ils furent remplacés par les acteurs du théâtre.  Ce facteur, auquel s'ajoute les limites esthétiques imposées par le matériel de la prise de son (caméra fixe, acteurs près des micros, etc.), fut largement responsable de l'aspect «pièces filmées» que présentent les premiers films sonores.

Chaplin est souvent cité par les historiens du cinéma comme l'exemple parfait de l'acteur opposé au cinéma sonore.  Cette idée est vraie, en partie.  Charles Chaplin aimait le cinéma et avait déjà accepté l'arrivée du son comme inévitable, mais il résista à réaliser lui-même un film sonore puisque son personnage «Charlot» était essentiellement un mime.  Dans son film Modern Times (1936), Chaplin expérimenta de façon ponctuelle l'utilisation du son avec quelques bruitages et quelques voix mais son propre personnage ne dit point mot.  La scène finale de ce film présente un Charlot chantant une série de mots inintelligibles, soulignant ainsi l'opinion personnelle de son réalisateur.  Modern Times fut aussi le dernier film mettant en vedette son personnage du vagabond.  Par la suite, Chaplin réalisa The Great Dictator (1940), une géniale satyre d'Hitler et son premier long métrage entièrement sonore.  Chaplin tarda peut-être à parler au cinéma mais lorsqu'il le fit finalement, son message était important et il le demeure toujours aujourd'hui.  

Modern Times  Modern Times  Modern Times

La transition du cinéma muet au cinéma sonore est un événement bien documenté dans les annales de l'histoire du cinéma et plusieurs films permettent d'en étudier l'évolution.  Singin' In The Rain (Kelly, Donen, 1952), par exemple, est une comédie musicale qui raconte justement l'histoire du passage du cinéma muet au cinéma sonore.  Plusieurs scènes du film illustrent très fidèlement les problèmes de cette transition technologique.  Quelques scènes du film québécois Les Portes tournantes (Mankiewicz, 1988) illustrent pertinemment l'accompagnement musical des films muets; d'ailleurs, la sortie du film The Jazz Singer y est aussi présentée.  En ce qui a trait à Chaplin (1992), Sir Richard Attenborough a réalisé une charmante biographie filmique dans laquelle Robert Downey Jr. interprète à merveille le fameux réalisateur et nous permet de comprendre le dilemme auquel fut confronté le véritable Chaplin.  Finalement, le film Sunset Blvd. (Wilder, 1950) raconte avec sarcasme la désillusion de Norma Desmond (Gloria Swanson), une célèbre actrice du cinéma muet qui cherche à redonner vie à sa carrière perdue depuis l’arrivée du cinéma sonore.  Outre le sujet du film, il s’agit d’une critique virulente du système hollywoodien et plusieurs personnalités importantes y jouent des rôles clefs : les réalisateurs Erich von Stroheim et Cecil B. DeMille, les acteurs William Holden, Buster Keaton, Hedda Hopper, H.B. Warner et Anna Q. Nilsson.

« We didn't need dialogue. We had faces! » Norma Desmond dans Sunset Blvd.

Un nouveau genre : la comédie musicale (1940-1960)speaker.gif (7211 octets)

La comédie musicale est le nom que l'on donne à un film où l'histoire et les personnages sont secondaires à la musique et aux chorégraphies de danse.  Ce genre filmique a vécu une période de gloire dans les années trente et quarante mais est aujourd'hui pratiquement mort.  The Jazz Singer est le premier film du genre et  les talents d'Al Jolson, vedette de Broadway, ont été les premiers à être exposés au public cinématographique.  C'est-à-dire que le cinéma devient pleinement une scène de spectacle où l'on peut chanter et danser en plus de jouer un rôle.  Suite à ce succès et pour répondre aux demandes du cinéma sonore, la comédie musicale est née.  Ce genre cinématographique est né avec le «studio-system» d'Hollywood et il est mort avec ce dernier aussi.  La comédie musicale utilise à profusion les décors, souvent théâtraux, du studio.  Or le principe hollywoodien de la production en chaîne se mariait parfaitement aux besoins du genre.  Outre ce facteur, la crise économique (1929) et la deuxième guerre mondiale (1939-1945) augmentèrent sensiblement le besoin pour un cinéma léger et divertissant.   Finalement, la création du code Hays, un système de censure très strict, favorisa la comédie musicale dans la mesure où l'amour s'exprimait désormais en chant et en danse.

Lecture supplémentaire : le code de production Hays.

Les deux noms qui sont associés automatiquement à la comédie musicale sont Busby Berkeley et le studio MGM.  Bien que Warner Brothers ait produit plusieurs comédies musicales à succès, c'est MGM qui est rapidement devenu le sutio spécialiste du genre.  Ceci est dû en grande partie à la contribution de Busby Berkely, chorégraphe des séquences de danse extraordinaires d'une véritable panoplie de comédies musicales.  De jeunes danseuses, tournées en pleine plongée; des chorégraphies humaines qui forment des peintures abstraites et mouvantes; même des objets tels 56 pianos qui semblent danser d'eux-mêmes, voilà des images étonnantes créées par Busby Berkeley dans les films auxquels il a participé dont 42nd Street (Bacon, 1933), Dames (Enright, 1934) et Easy To Love (Walters, 1953).

Du Busby classique...

Un autre exemple du travail de Busby...

 
Plusieurs acteurs du cinéma muet ont disparu avec l'arrivée du son, mais plusieurs autres, capables de jouer, danser et chanter, ont fait fortune.  Fred Astaire, l'élégance incarnée, a joué dans une foule de comédies musicales, mais c'est son partenariat avec Ginger Rogers dans non moins de dix films (pour le studio RKO) qui lui a permis de redéfinir la comédie musicale des années trente.  Parmi leurs plus grands succès, on compte The Gay Divorcee (Sandrich, 1934) et Top Hat (Sandrich, 1935).  Quant à Gene Kelly, résident du studio MGM, il a continué le travail d'Astaire en mariant chorégraphie, charme et humour; ses films sont parmi les meilleures comédies musicales des années cinquante.  Dans ce registre, Singin' In The Rain est considéré par plusieurs comme étant son chef-d'oeuvre.

Fred Astaire et Ginger Rogers dans Swing Time.    Gene Kelly et Debbie Reynolds dans Singin' In The Rain

Avec l'arrivée de la télévision et les changements politiques et sociaux aux États-Unis, la comédie musicale devint un genre désuet.  Malgré ce déclin dramatique, quelques films du genre ont été produits par la suite, notamment The Sound Of Music (Wise, 1965), My Fair Lady (Cukor, 1964) et Grease (Kleiser, 1978).  Par ailleurs, les films d'animation du studio Walt Disney peuvent être considérés comme des comédies musicales, ainsi que certains films d'Elvis Presley.  Aujourd'hui, le genre est de plus en plus rare, mais il arrive qu'une comédie musicale à succès soit produite et plusieurs réalisateurs importants ont tenté leur chance dont Woody Allen (Everybody Says I Love You, 1997) et Baz Lurhmann (Moulin Rouge!, 2001)

Le son aujourd'hui (1960-...)   speaker2.gif (242 octets)  speaker2.gif (242 octets)  speaker2.gif (242 octets)

Suite à la deuxième guerre mondiale, la bande magnétique devint l'outil privilégié de l'enregistrement sonore.  La flexibilité de ce support a permis l'enregistrement et le mixage d'un nombre illimité de bandes sonores séparées.  Depuis, la technologie du son a continuellement cherché à améliorer la qualité de l'enregistrement.  Le système Dolby qui réduit considérablement le bruit inhérent à l'enregistrement sonore a été adopté et modifié plusieurs fois.  D'abord, le Dolby Stereo a divisé la bande sonore en deux parties distinctes et ensuite, le Dolby Surround a multiplié cette division sonore via 4 ou 6 canaux.  Pour assurer une représentation de qualité supérieure, le réalisateur George Lucas développa le système THX (nommé d'après son premier film THX-1138 (1971)).  THX, contrairement aux systèmes de diffusion du son de Dolby, n'a pas d'effet sur le son en tant que tel.  Il s'agit simplement d'un standard de qualité auquel toute salle d'exploitation cinématographique qui affiche le logo THX doit se conformer.  Un cinéma certifié THX reçoit la visite des techniciens de la compagnie Lucasfilm qui vérifient tout le matériel: projecteurs, lecteurs optiques et numériques, haut-parleurs.  Cette vérification, souvent bi-annuelle, assure une projection de qualité (merci George!).  Aujourd'hui, la technologie de l'informatique permet de stocker le son sur un support numérique, souvent un disque.   Il en résulte une qualité sonore sans précédent.  Malgré tout,  quel que soit le support utilisé pour conserver le son, magnétique, optique ou numérique, c'est l'utilisation qu'en font les réalisateurs qui en fait un outil important.

Le son du cinéma a vécu plusieurs permutations.  Aux États-Unis, la création du vidéoclip à la fin des années soixante-dix a donné naissance à un phénomène particulier: la vente de la bande musicale est devenu un aspect de plus en plus important dans la promotion du film.  En 1986, la bande musicale du film Top Gun (Scott) a battu les records de vente pour ce genre d'album et la plupart des films américains lancent maintenant la bande musicale en même temps que le film.  Le début des années soixante-dix a aussi vu le monde de la musique conmmerciale et celui du cinéma se rapprocher plus que jamais.  Par exemple, le groupe Queen est responsable des chansons des films Flash Gordon (Hodges, 1980) et Highlander (Mulcahy, 1986).  Aujourd'hui, l'industrie de la musique commerciale et celle du cinéma hollywoodien vont de pair.  Le succès de la chanson thème de Titanic (Cameron, 1997) est un bon exemple de l'importance accordée à la promotion de la musique de ces films.  L'album de Titanic est la bande musicale la plus vendue à ce jour et la chanson thème, interprétée par Céline Dion, a atteint un sommet au palmarès musical mondial.  L'idée de vendre la trame musicale d'un film ne date pas d'hier.  L'album du film Till the Clouds Roll By (Whorf, 1947) est le premier soundtrack de l'histoire (outre ceux des films d'animation du studio Disney) et la convergence actuelle des médias visuels et sonores ne fait qu'accentuer cette tendance de plus en plus.

The Sound Of Music   Grease  Titanic  Moulin Rouge!

Les technologies de l'information et des communications, l'internet et le multimédia auront sûrement une conséquence analogue à celle du vidéoclip sur le cinéma du futur.  Déjà, le morcellement de l'information audiovisuelle qui est le fondement d'un site web se propage lentement dans la production de films.  De plus en plus, le son est découpé et les extraits se multiplient et s'imbriquent les uns avec les autres.  Le son numérique, tout comme l'image numérique, est une simulation et cette fausse représentation du monde aura aussi des conséquences éthiques, esthétiques et historiques sur le septième art.  Il s'agit d'une histoire sur laquelle nous reviendrons...

 

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