Théoriquement, si nous stimulons un neurone en son centre, l'influx nerveux se déplacera simultanément vers les deux extrémités soit vers les terminaisons axonales et vers les épines dendritiques. Mais en réalité, dans l'organisme, ce sont toujours les extrémités dendritiques du neurone et/ou le corps cellulaire qui reçoivent les stimuli. En effet, les dendrites ou le corps cellulaire du neurone sont des récepteurs ou sont en contact avec ces derniers. Donc, l'influx nerveux voyage toujours des dendrites vers le corps cellulaire et du corps cellulaire vers les axones.

Les neurones n'ont pas tous le même seuil d'excitation de telle sorte qu'un stimulus qui déclencherait un influx nerveux dans un neurone ne le déclenche pas nécessairement dans tous les neurones. Certains neurones sont très sensibles alors que d'autres le sont beaucoup moins. De plus, l'influx nerveux ne se déplace pas à la même vitesse dans tous les neurones. D'une façon générale, plus l'axone d'un neurone est gros, plus le seuil d'excitation du neurone est bas et plus vite se déplace l'influx nerveux le long de ce neurone. Ainsi, certaines fibres nerveuses peuvent transmettre l'influx nerveux à plus de 100 mètres par seconde et plus. Cette rapidité de transmission sera particulièrement utile, comme nous le verrons plus tard, dans les réflexes qui nous permettent, par exemple, de retirer notre main d'un endroit chaud ou notre pied d'un clou rouillé.

Les neurones myélinisés présentent une conduction dite conduction saltatoire. Comme la myéline est un bon isolant, la dépolarisation qui a lieu dans une portion de l'axone amène une dépolarisation dans la portion suivante dénuée de gaine. L'influx se propage donc le long des nœuds de Ranvier. L'influx n'a donc pas à se propager tout au long de la fibre mais fait plutôt des bonds d'un nœud de Ranvier à l'autre. Cette particularité accélère énormément la vitesse de propagation de l'influx.


Tiré de Seeley, Stephens et Tate aux éditions Times Mirror/Mosby

De plus, cette façon de propager l'influx nerveux est beaucoup plus économique énergétiquement pour le neurone car moins de pompe au sodium-potassium ont à travailler.

La présence des cellules de Schwann augmente donc considérablement la vitesse de conduction des influx nerveux dans les axones des neurones. Il importe de comprendre que la coordination des mouvements musculaires nécessite que les influx soient transportés rapidement du cerveau ou de la mœlle épinière vers les muscles squelettiques.

Les neurones dont les axones sont entourés de myéline sont appelés myélinisés alors que ceux qui n’ont pas de myéline sont appelés amyélinisés. La myéline est une substance blanche, c’est pourquoi les fibres nerveuses qui possèdent une gaine de myéline sont blanches et la portion du tissu nerveux constituée de ces neurones est appelée matière blanche. Comme les cellules de Schwann n’entourent pas le corps cellulaire, ce dernier a toujours une coloration grisâtre, de telle sorte qu’une accumulation de corps cellulaire à un endroit spécifique va constituer ce que l’on appellera matière grise.

Plusieurs facteurs chimiques et physiques peuvent intervenir dans le processus de la propagation de l'influx nerveux. 

L'alcool, les sédatifs et les analgésiques bloquent les transmissions d'influx nerveux en diminuant la perméabilité des membranes neuronales aux ions sodiums. 

Une diminution de l'approvisionnement des neurones en oxygène et en combustible rend la propagation de l'influx nerveux plus difficile voire impossible. Ainsi par exemple, lorsque vous tenez un morceau de glace entre vos doigts, rapidement vous ne sentez plus le froid, vous êtes comme engourdi. Le froid de la glace provoque une vasoconstriction des vaisseaux de la peau de telle sorte que les neurones récepteurs localisés dans la peau de vos doigts ne reçoivent plus l'oxygène et le glucose nécessaire. La transmission de l'influx nerveux de ces neurones récepteurs vers le centre d'intégration qui permettrait de prendre conscience du froid ne peut se faire et vous avez ainsi l'impression de ne plus rien sentir au bout de vos doigts. 

De la même façon, lorsque vous restez assis sur vos pieds pendant un certain temps, vous finissez par ne plus les sentir. La pression qui s'exerce sur vos pieds ralentit la circulation sanguine et provoque par ricochet un arrêt de transmission d'influx nerveux de vos pieds vers le centre d'intégration. Nous perdons alors rapidement toute sensation venant de ceux-ci. La sensation désagréable de picotement que nous ressentons lorsque nous nous relevons vient de la circulation sanguine qui reprend et de l'excitation de neurones sensibles par la pression qu'exerce le sang qui passe à nouveau dans les vaisseaux.