Les artérioles

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Tiré de Tortora et Grabowski aux éditions ERPI

Les artères musculaires se ramifient et s'abouchent aux derniers vaisseaux du circuit artériel: les artérioles. Ces vaisseaux sont les plus petits du circuit artériel et leur diamètre ne dépasse pas habituellement 0.5 mm. Au fur et à mesure de leur parcours vers le circuit capillaire, les artérioles diminuent de diamètre et changent histologiquement. Les premières artérioles, abouchées aux artères musculaires, sont composées des trois tuniques alors que celles qui se rattachent aux capillaires ne possèdent que la tunique moyenne et la tunique interne. Les cellules musculaires lisses sont enroulées en anneau autour de l'endothélium de la tunique interne.

Les muscles lisses de la paroi des artérioles sont reliées au centre nerveux (centre vasomoteur autonome) par des voies efférentes sympathiques. Sous l'action d'une augmentation de la stimulation sympathique, les muscles lisses se contractent ce qui entraîne une diminution du diamètre de la lumière de l'artériole; on parle alors de vasoconstriction. Sous l'action d'une diminution de la stimulation sympathique, ces mêmes cellules musculaires se relâchent de façon à ramener le diamètre de la lumière à son diamètre initial; on parle alors de vasodilatation. Cette possibilité de contraction et de relâchement de la paroi des vaisseaux peut être englobée sous le terme de vasomotricité.

Il est important de réaliser que lors de la vasodilatation, les vaisseaux ne deviennent pas plus grand. En effet, les vaisseaux sont toujours dans un état de légère constriction due à une stimulation sympathique permanente. Aussi, lors de la vasodilatation , leur diamètre devient plus grand en comparaison à ce qu'il est lorsque le vaisseau est en constriction.

Comme dans le cas des artères musculaires, cette propriété de vasoconstriction et de vasodilatation des artérioles permet de faire varier le diamètre des vaisseaux sanguins et, par conséquent, de faire varier le débit sanguin à l'intérieur du circuit capillaire d’un organe. Ainsi, une vasoconstriction aura pour effet de diminuer le débit de sang alors que la vasodilatation aura l'effet inverse. L'effet conjugué de la vasomotricité des artères musculaires et des artérioles permet au système de contrôle autonome de répartir le sang dans les organes des systèmes selon les besoins physiologiques de ces derniers. Même si les artères musculaires sont dotées d'une certaine motricité, ce sont les artérioles qui jouent le rôle prépondérant dans la répartition du sang et sur son débit dans un organe.

Du point de vue anatomique, il faut comprendre que les artérioles sont les vaisseaux qui pénètrent à l'intérieur même d'un organe et s'y ramifient. Du point de vue fonctionnel, leur capacité de contractilité est directement impliquée dans la régularisation et la distribution du sang à l'intérieur de l'organe ou du tissu. Ainsi, si les artérioles se contractent, alors le flux sanguin se rendant aux capillaires est réduit et les échanges cellulaires le sont aussi alors qu'au con­traire, si les artérioles se dilatent, le flux sanguin se rendant aux capillaires est augmenté et les échanges cellulaires le sont aussi.